Griffe de chat et sclérose en plaques : pourquoi elle est contre-indiquée
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune du système nerveux central. Des lymphocytes T autoreactifs franchissent la barrière

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune du système nerveux central. Des lymphocytes T autoreactifs franchissent la barrière hémato-encéphalique et attaquent la myéline, la gaine protectrice qui entoure les axones nerveux. Cette attaque ralentit ou bloque la conduction nerveuse, générant des symptômes qui varient selon les zones démyélinisées.
La griffe de chat (Uncaria tomentosa) est contre-indiquée dans la SEP. Cette contre-indication n'est pas une précaution vague. Elle repose sur un mécanisme précis.
Pourquoi la SEP interdit la griffe de chat
La griffe de chat stimule les lymphocytes T-helper (CD4+) et les cellules NK. Lamm et al. (2001, Phytomedicine) ont documenté une amélioration de la réponse immunitaire humorale chez des adultes vaccinés sous griffe de chat : les titres d'anticorps IgG augmentent de façon significative par rapport au placebo.
Dans une SEP, le problème vient précisément de lymphocytes T trop actifs contre les antigènes de la myéline. Stimuler ces lymphocytes revient à jeter de l'huile sur un feu. Les sous-types Th1 et Th17 produisent des cytokines pro-inflammatoires (IFN-gamma, IL-17, TNF-alpha) qui amplifient la démyélinisation. Activer ces voies via une plante immunostimulatrice pendant une SEP est contre-productif et potentiellement dangereux.
Cette contre-indication s'applique à toutes les formes de SEP : rémittente-récurrente (la plus fréquente), secondairement progressive, primitivement progressive, et quel que soit le stade de la maladie.
Les traitements modificateurs de la maladie et la griffe de chat
La SEP se traite aujourd'hui avec des thérapies modificatrices de la maladie (DMT, Disease-Modifying Therapies). Ces médicaments fonctionnent précisément en modulant ou en supprimant l'activité immunitaire pathologique.
Les interférons bêta (Avonex, Betaferon, Rebif) réduisent l'activité des lymphocytes Th1. Le natalizumab (Tysabri) bloque l'entrée des lymphocytes dans le cerveau en inhibant l'intégrine alpha-4. L'alemtuzumab (Lemtrada) détruit une grande partie des lymphocytes T et B. Le fingolimod (Gilenya) séquestre les lymphocytes dans les ganglions lymphatiques.
Associer la griffe de chat à l'un de ces traitements crée une contradiction pharmacologique directe : le médicament cherche à réduire l'activité lymphocytaire pendant que la plante cherche à l'augmenter. L'interaction n'a pas été testée cliniquement, mais la logique mécanistique impose le refus de cette association.
Certains DMT, comme la mitoxantrone ou les immunosuppresseurs utilisés dans les formes sévères (méthotrexate, azathioprine), sont des immunosuppresseurs qui ne supportent pas non plus une plante immunostimulatrice en parallèle.
Le paradoxe de l'inflammation dans la SEP
La griffe de chat inhibe NF-kB, ce qui la rend anti-inflammatoire sur le plan des cytokines systémiques. Sandoval et al. (2002) ont documenté cette inhibition de TNF-alpha et IL-1beta dans les extraits d'Uncaria tomentosa.
La SEP implique une neuroinflammation. On pourrait donc penser que l'effet anti-NF-kB de la griffe de chat compense son effet immunostimulant. Ce raisonnement est faux pour deux raisons.
Premièrement, l'inhibition de NF-kB par la griffe de chat ne distingue pas les lymphocytes autoreactifs des lymphocytes sains. Elle réduit l'inflammation systémique générale, mais laisse intact le mécanisme d'attaque myélinique orchestré par les Th17, qui agissent via des voies partiellement indépendantes de NF-kB.
Deuxièmement, l'activation des cellules NK et des lymphocytes T-helper documentée par Lamm prend la priorité sur l'effet anti-NF-kB dans ce contexte. Le bilan net sur le système immunitaire d'une personne avec SEP est imprévisible et potentiellement aggravant.
Ce qui peut être pris avec une SEP
Trois catégories de compléments sont généralement compatibles avec une SEP, sous réserve de l'accord du neurologue.
La vitamine D. Le lien entre déficit en vitamine D et risque de SEP est documenté dans plusieurs études épidémiologiques. Munger et al. (2006, JAMA) ont documenté que les personnes avec des taux élevés de 25-OH-vitamine D avant la maladie ont un risque de SEP réduit de 62%. La correction du déficit en vitamine D est recommandée dans la SEP par la plupart des sociétés savantes. La dose dépend du statut plasmatique initial, généralement 2 000 à 5 000 UI par jour sous surveillance biologique.
Les acides gras oméga-3 (EPA/DHA). Plusieurs études suggèrent un effet anti-inflammatoire des oméga-3 sur la neuroinflammation. Ils n'aggravent pas la réponse auto-immune et leur profil de tolérance dans la SEP est bon. La consultation avec le neurologue reste nécessaire avant d'augmenter les doses au-delà des apports nutritionnels standards.
Le magnésium. Les crampes musculaires, la spasticité et la fatigue sont fréquentes dans la SEP. Le magnésium bisglycinate à 300 mg le soir peut contribuer à réduire la spasticité et améliorer la qualité du sommeil. Pas d'interaction documentée avec les DMT.
Le camu camu à dose nutritionnelle. CAMU² fournit 90 mg de vitamine C naturelle par jour. La vitamine C n'est pas immunostimulatrice au sens de la griffe de chat. Elle maintient les fonctions immunitaires innées (neutrophiles, cellules NK) sans activer les lymphocytes auto-réactifs. Carr et Maggini (2017) ont documenté ce rôle de la vitamine C dans l'immunité innée. La consultation avec le neurologue reste recommandée avant toute supplémentation.
La maca dans la SEP
La maca (Lepidium meyenii) n'est pas immunostimulatrice. Elle agit via le système endocannabinoïde en inhibant la FAAH, ce qui augmente l'anandamide dans l'hypothalamus. Les récepteurs CB1 et CB2 du système endocannabinoïde ont des propriétés anti-inflammatoires documentées dans plusieurs modèles de neuroinflammation.
Aucun essai clinique n'a étudié la maca dans la SEP. Mais son mécanisme d'action n'active pas les lymphocytes autoreactifs et ne contredit pas les DMT. La maca peut être envisagée pour soutenir l'énergie et la libido, souvent altérées dans la SEP, sous réserve de l'accord du neurologue.
Gonzales et al. (2016) ont documenté la réduction de la fatigue chronique avec la maca sur 12 semaines. La fatigue est l'un des symptômes les plus invalidants de la SEP, touchant 80% des patients. C'est le terrain où la maca a le plus de pertinence dans ce contexte.
La griffe de chat dans les autres maladies auto-immunes
La contre-indication de la griffe de chat dans la SEP s'applique de la même façon à toutes les maladies auto-immunes : thyroïdite de Hashimoto, lupus érythémateux disséminé, polyarthrite rhumatoïde active, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, myasthénie grave, syndrome de Sjögren.
La liste est longue parce que le mécanisme est le même dans tous ces cas : activer les lymphocytes T dans une maladie où des lymphocytes T autoreactifs sont déjà trop actifs ne peut pas améliorer la situation.
Mur et al. (2002) ont testé la griffe de chat dans la polyarthrite rhumatoïde avec des résultats positifs. Mais leur protocole incluait uniquement des patients sous DMT conventionnels (sulfasalazine, hydroxychloroquine), pas sous biothérapies, et la maladie était stabilisée depuis au moins trois mois. Cette nuance est importante : la griffe de chat peut avoir une place dans la PR légère stabilisée, encadrée par le rhumatologue, mais pas dans les formes actives.
Ce que les neufs patients SEP cherchent souvent en ligne
La fatigue liée à la SEP est l'un des symptômes les plus recherchés sur internet par les patients. Beaucoup trouvent la griffe de chat recommandée pour la fatigue chronique sur des forums non médicaux, sans mention de la contre-indication auto-immune.
La griffe de chat est documentée pour réduire l'inflammation articulaire chronique et soutenir l'immunité. Ces deux propriétés sont pertinentes pour de nombreuses personnes. Mais dans la SEP, c'est précisément la plante à éviter. La confusion entre "anti-inflammatoire" et "compatible avec une maladie auto-immune" est fréquente et mérite une clarification nette.
Si vous avez une SEP et cherchez un soutien naturel pour votre fatigue, discutez-en avec votre neurologue en mentionnant la maca (mécanisme endocannabinoïde, pas immunostimulant) et la vitamine D (déficit fréquent et bien documenté dans la SEP). Ce sont les deux options les plus raisonnables dans ce contexte.
La question des études in vitro sur la griffe de chat et la démyélinisation
Quelques études in vitro ont exploré l'effet des alcaloïdes d'Uncaria tomentosa sur des cultures de cellules neuronales. Certaines suggèrent des propriétés neuroprotectrices. Ces données sont préliminaires et ne se traduisent pas en recommandation clinique. La neuroprotection in vitro ne compense pas le risque immunostimulant documenté chez l'humain dans une maladie auto-immune.
La recherche sur les plantes et la SEP est active, mais aucune plante n'a encore de données suffisantes pour être recommandée comme thérapie complémentaire spécifique à cette pathologie.
Pour les données générales sur les contre-indications de la griffe de chat, l'article griffe de chat : contre-indications complètes traite toutes les situations concernées. Et pour la fatigue dans la SEP via des alternatives, l'article maca et fatigue chronique détaille le mécanisme endocannabinoïde.
GATO³ est contre-indiqué dans la sclérose en plaques et toutes les maladies auto-immunes. Consultez votre neurologue avant toute supplémentation.
Sources
- Lamm S et al. Phytomedicine, 2001.
- Sandoval M et al. Free Radical Biology and Medicine, 2002.
- Mur E et al. Journal of Rheumatology, 2002.
- Munger KL et al. JAMA, 2006.
- Carr AC, Maggini S. Nutrients, 2017.
- Gonzales GF et al. Journal of Ethnopharmacology, 2016.
Questions fréquentes
Vos questions — Griffe de chat et sclérose en plaques
La griffe de chat stimule les lymphocytes T-helper (CD4+) et les cellules NK. Lamm et al. (2001, Phytomedicine) ont documenté une amélioration de la réponse immunitaire humorale chez des adultes vaccinés sous griffe de chat : les titres d'anticorps IgG augmentent de façon significative par rapport au placebo. Dans une SEP, le problème vient précisément de lymphocytes T trop actifs contre les antigènes de la myéline.
La SEP se traite aujourd'hui avec des thérapies modificatrices de la maladie (DMT, Disease-Modifying Therapies). Ces médicaments fonctionnent précisément en modulant ou en supprimant l'activité immunitaire pathologique. Les interférons bêta (Avonex, Betaferon, Rebif) réduisent l'activité des lymphocytes Th1.
La griffe de chat inhibe NF-kB, ce qui la rend anti-inflammatoire sur le plan des cytokines systémiques. Sandoval et al. (2002) ont documenté cette inhibition de TNF-alpha et IL-1beta dans les extraits d'Uncaria tomentosa. La SEP implique une neuroinflammation.
Trois catégories de compléments sont généralement compatibles avec une SEP, sous réserve de l'accord du neurologue. Le lien entre déficit en vitamine D et risque de SEP est documenté dans plusieurs études épidémiologiques. Munger et al. (2006, JAMA) ont documenté que les personnes avec des taux élevés de 25-OH-vitamine D avant la maladie ont un risque de SEP réduit de 62%.
Leserangebot
Erhalten Sie −15 % auf Ihre erste Bestellung
Ein Gutscheincode wartet per E-Mail auf Sie. Zum Entdecken von MACA³, CAMU² oder GATO³.
Kein Spam. Abmeldung mit einem Klick.

Aktualisiert am 20 juin 2026
Articles connexes

Griffe de Chat (Uña de Gato) : guide botanique et état de la recherche
Guide sur la Griffe de Chat : botanique, essais publiés (Piscoya, Mur, Lamm) et précautions — sans promesse thérapeutique.

Griffe de chat et cancer : données disponibles et limites
La griffe de chat (Uncaria tomentosa) est parfois présentée comme une plante "anti-cancer". Cette affirmation dépasse ce que les données actuelles permettent de dire. Voici une analyse rigoureuse de ce qui est documenté…

Griffe de chat et fibromyalgie : douleur chronique et inflammation
La fibromyalgie est un syndrome douloureux chronique caractérisé par des douleurs musculo-squelettiques diffuses, une fatigue intense, des troubles du sommeil et des difficultés cognitives. Son mécanisme central est une…
