Griffe de Chat (Uña de Gato) : guide botanique et état de la recherche
Uncaria tomentosa, botanique, essais publiés et précautions d'emploi.

Non. Le règlement CE 1924/2006 n'a validé aucune allégation de santé pour Uncaria tomentosa. Un complément alimentaire à base de griffe de chat ne peut donc revendiquer aucun effet sur la santé. Les mécanismes décrits dans la littérature appartiennent à la plante dans des protocoles de recherche, pas à un produit du commerce.
Uña de Gato en espagnol, Cat's Claw en anglais, griffe de chat en français. Trois noms pour une liane amazonienne dont les épines recourbées évoquent des griffes de félin. Son nom latin, Uncaria tomentosa, la rattache à la famille des Rubiacées, la même famille botanique que le caféier.
Le peuple Ashaninka du Pérou utilise l'écorce de cette liane depuis des siècles dans ses préparations traditionnelles. Les guérisseurs Ashaninka préparent des décoctions d'écorce interne pour accompagner divers inconforts. Cet usage traditionnel a attiré l'attention de phytochimistes européens dans les années 1970, et la plante a fait l'objet de trois essais cliniques sur l'humain, deux essais randomisés contre placebo (Piscoya 2001, Mur 2002) et un essai vaccinal sans placebo (Lamm 2001), qui constituent aujourd'hui le socle des données humaines.
Ce guide rassemble la botanique, la chimie, les essais publiés, les mécanismes étudiés et les précautions. Il ne constitue pas un avis médical. La griffe de chat ne possède aucune allégation de santé autorisée dans l'Union européenne (règlement CE 1924/2006). GATO3 ne revendique aucun effet thérapeutique.
Botanique : une liane de la canopée amazonienne
L'Uncaria tomentosa pousse au Pérou, en Bolivie, en Équateur, en Colombie et au Brésil, dans les forêts tropicales humides entre 200 et 800 mètres d'altitude. C'est une liane ligneuse qui grimpe jusqu'à 30 mètres dans la canopée, ancrée aux arbres par ses épines recourbées. Le diamètre de la tige peut dépasser 10 centimètres sur les spécimens âgés.
La partie utilisée dans les extraits étudiés est l'écorce de la tige et des racines. L'écorce interne concentre les composés d'intérêt. On y trouve des alcaloïdes oxindoliques, des glycosides d'acide quinovique, des polyphénols, des stérols végétaux et des tanins. Les feuilles contiennent aussi des alcaloïdes, mais les essais cliniques ont porté sur l'écorce.
Deux espèces proches coexistent en Amazonie : Uncaria tomentosa et Uncaria guianensis. Les deux portent des épines recourbées et partagent une partie de leur aire de répartition, ce qui favorise les confusions à la récolte. La première concentre le corpus clinique le plus large en phytothérapie occidentale. La seconde a été utilisée dans l'un des trois essais humains (Piscoya, 2001). Leurs profils chimiques et leurs activités biologiques diffèrent : Sandoval et al. (2002, PMID 12120814) ont mesuré in vitro une activité antioxydante supérieure pour guianensis, sans que la teneur en alcaloïdes explique l'écart. Les mesures in vitro ne se transposent pas à un bénéfice chez le consommateur.
Cette distinction entre les deux espèces a des conséquences pratiques. Un extrait peut contenir de la guianensis sans le déclarer, et les résultats d'un essai sur une espèce ne se transfèrent pas à l'autre.
Article dédié : Uncaria tomentosa vs Uncaria guianensis.
Chimie : alcaloïdes oxindoliques et chimiotypes
Les alcaloïdes oxindoliques font l'objet de la majorité des travaux depuis les années 1970. La revue de Heitzman et al. (Phytochemistry, 2005, PMID 15649507) recense les espèces du genre Uncaria et leurs composés. Elle sert de référence de fond sans rapporter de résultats cliniques.
Deux chimiotypes sont décrits dans la littérature :
- Chimiotype pentacyclique : prédominance d'alcaloïdes oxindoliques pentacycliques (isoptéropodine, ptéropodine, mitraphylline, uncarine F). C'est ce profil qui a été sélectionné dans l'essai de Mur (2002) sur la polyarthrite rhumatoïde. Certains extraits standardisés sont volontairement dépourvus d'alcaloïdes tétracycliques.
- Chimiotype tétracyclique : prédominance d'alcaloïdes tétracycliques (rhynchophylline, isorhynchophylline). Ce profil est moins représenté dans les essais cliniques occidentaux.
La proportion de ces deux familles varie selon l'origine géographique, la partie de la plante récoltée, la saison de récolte et le procédé de séchage. Deux lots d'écorce d'apparence identique peuvent présenter des profils chimiques très différents. La standardisation en alcaloïdes totaux permet de comparer des lots entre eux, mais elle ne garantit pas à elle seule un résultat clinique : le résultat dépend du protocole, de la population étudiée et du comparateur utilisé dans chaque essai.
Un extrait standardisé préparé en laboratoire n'est pas équivalent à une poudre d'écorce brute à poids égal. Les doses des essais cliniques (60 à 700 mg/jour d'extrait) ne sont pas transposables à une poudre de plante entière.
Les trois essais cliniques sur l'humain
Trois essais constituent le socle des données humaines sur la griffe de chat : deux essais randomisés contre placebo (Piscoya 2001, Mur 2002) et un essai vaccinal sans placebo (Lamm 2001). Chacun porte sur une population médicale précise et un extrait défini.
Piscoya 2001 : arthrose du genou, Uncaria guianensis
Piscoya J et al., Inflammation Research, 2001. PMID 11603848.
45 participants avec gonarthrose, randomisés entre un extrait lyophilisé d'Uncaria guianensis (100 mg/jour) et un placebo (30 contre 15), sur 4 semaines. La douleur à l'activité, l'évaluation par le médecin et l'évaluation par le patient ont atteint la significativité statistique. La douleur au repos et la circonférence du genou n'ont pas varié de façon significative. Tolérance décrite comme bonne. Limite : effectif modeste et durée courte.
Mur 2002 : polyarthrite rhumatoïde, Uncaria tomentosa
Mur E et al., Journal of Rheumatology, 2002. PMID 11950006.
40 participants avec polyarthrite rhumatoïde active sous traitement de fond (sulfasalazine ou hydroxychloroquine), double aveugle contre placebo, 24 semaines, extrait d'Uncaria tomentosa à chimiotype pentacyclique (60 mg/jour). Les articulations douloureuses ont diminué (53,2 % contre 24,1 % sous placebo, p = 0,044). Les articulations gonflées ont diminué en phase ouverte, sans comparaison au placebo. La CRP et la VS, mesurées, n'ont pas varié. Échantillon modeste.
Lamm 2001 : réponse vaccinale, C-Med-100
Lamm S et al., Phytomedicine, 2001. PMID 11515716.
Volontaires masculins recevant un extrait d'Uncaria tomentosa (C-Med-100, 700 mg/jour en deux prises) pendant 2 mois, avec mesure de la réponse au vaccin antipneumococcique à 5 mois. Le groupe supplémenté a montré un rapport lymphocytes/neutrophiles plus élevé et une décroissance plus lente du titre d'anticorps par rapport aux témoins non traités. Il n'y a pas de groupe placebo, et le résumé publié ne précise ni l'effectif ni la randomisation. Travail sur un marqueur immunitaire spécifique, pas sur la prévention d'infections.
Ces trois essais décrivent des populations médicales précises et des extraits standardisés. Leurs effectifs restent modestes (40 à 45 patients pour les deux essais articulaires), et aucun n'a été répliqué par une équipe indépendante. Ils ne permettent pas d'affirmer qu'une poudre ou une gélule quelconque produira le même effet. Chaque extrait testé possède sa propre composition, sa propre concentration et son propre procédé de fabrication.
Pour approfondir les données articulaires : griffe de chat et articulations.
Le mécanisme, par niveau de preuve
Ce que la recherche mesure sur Uncaria tomentosa, par niveau de preuve.
Une méta-analyse de 24 études in vivo (Arado et al., Frontiers in Pharmacology, 2024, PMID 38881881) retient une baisse de l'IL-6 (SMD -0,72) et du NF-kB (SMD -1,19), et ne retrouve pas d'effet significatif sur le TNF-alpha (SMD 0,18, p = 0,41), l'IL-1 (p = 0,67) ni l'IL-10 (p = 0,80).
Les travaux in vitro rapportent une inhibition du TNF-alpha (Sandoval et al., Free Radical Biology and Medicine, 2000, PMID 10962207, décoction sur macrophages murins RAW 264.7, suppression de 65 à 85 % ; Allen-Hall et al., Journal of Ethnopharmacology, 2010, PMID 19995599, cellules THP-1), qu'une lecture in vivo agrégée ne confirme pas.
Allen-Hall rapporte aussi une inhibition de l'activation de composants de NF-kB et d'AP-1, accompagnée d'une augmentation de la production d'IL-1beta. Ce résultat in vitro illustre la complexité des réponses cellulaires : une même préparation peut réduire un médiateur et en élever un autre.
Ce mécanisme appartient à la plante dans des études. Aucune de ces lignes n'est utilisable en allégation de santé au sens du règlement CE 1924/2006. GATO3 ne revendique aucun effet.
Le marché répète souvent que la griffe de chat « inhibe le TNF-alpha ». Cette affirmation repose sur un in vitro de 2000. La méta-analyse in vivo de 2024, qui agrège 24 études sur 523, ne retrouve pas cet effet (p = 0,41). Citer un in vitro isolé comme preuve d'un mécanisme relève du cherry-picking. La hiérarchie des preuves place l'in vivo agrégé au-dessus de l'in vitro isolé.
Tableau récapitulatif des essais
| Auteur | Année | PMID | Espèce | Effectif | Dose | Durée | Forme | Critère principal |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Piscoya J et al. | 2001 | 11603848 | U. guianensis | 45 | 100 mg/j | 4 semaines | Extrait lyophilisé | Douleur articulaire (gonarthrose) |
| Mur E et al. | 2002 | 11950006 | U. tomentosa (pentacyclique) | 40 | 60 mg/j | 24 semaines | Extrait sec | Articulations douloureuses (PR) |
| Lamm S et al. | 2001 | 11515716 | U. tomentosa | Non précisé | 700 mg/j | 2 mois (mesure à 5 mois) | C-Med-100 | Réponse vaccinale |
Les doses des essais sont des doses d'extrait, pas de poudre brute. Elles ne constituent pas une posologie.
Terrains explorés sans données spécifiques
Plusieurs terrains sont explorés dans la littérature, mais aucun ne dispose de données cliniques suffisantes pour conclure.
Intestin et muqueuse digestive
Aucun essai clinique publié ne porte sur la griffe de chat et le syndrome de l'intestin irritable, la réparation de la muqueuse intestinale ou les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique). Des travaux in vitro ont exploré des voies d'inflammation intestinale, sans franchir le stade préclinique. La griffe de chat ne traite, ne prévient et ne guérit aucune pathologie digestive.
Neuroprotection et mémoire
Des modèles cellulaires et animaux ont examiné des voies liées à la neuroprotection. Aucun essai clinique ne montre que la griffe de chat protège les neurones, préserve la mémoire ou ralentit un déclin cognitif. Les résultats in vitro sur d'innombrables substances échouent en phase clinique.
Prostate et confort urinaire
Aucune donnée clinique isolée sur la griffe de chat et l'hypertrophie bénigne de la prostate. Les rares publications dans ce domaine utilisent des mélanges de plantes, ce qui rend l'attribution à un ingrédient unique impossible. La griffe de chat ne traite pas, ne prévient pas et ne guérit pas l'HBP.
Peau et vieillissement cutané
Aucun essai clinique sur la griffe de chat et la synthèse de collagène cutané ou le vieillissement de la peau. L'usage traditionnel est interne (ingestion), pas topique.
Cycle menstruel et périménopause
La littérature sur la griffe de chat et les transitions hormonales (bouffées de chaleur, humeur, sommeil, densité osseuse) est quasi inexistante. Aucun essai clinique n'a été conduit sur ces terrains.
Fatigue
Aucune étude clinique n'établit de lien entre la griffe de chat et la réduction de la fatigue. Les revues systématiques concluent à des données insuffisantes.
Pour chacun de ces terrains, les mécanismes décrits in vitro ne se transposent pas à un usage humain sans validation clinique.
Précautions et contre-indications
Le profil de tolérance est décrit comme acceptable dans les trois essais cités, avec des réserves importantes. Aucun de ces essais ne portait sur le long terme (au-delà de 6 mois).
- Grossesse et allaitement : déconseillé par précaution. Les données de sécurité sont insuffisantes. La tradition Ashaninka mentionne des propriétés utérotoniques.
- Anticoagulants et antiplaquettaires : interactions possibles signalées dans la littérature. Le risque hémorragique impose un avis médical préalable.
- Immunosuppresseurs, greffe d'organe, maladies auto-immunes : des effets immunomodulateurs sont décrits in vitro et dans certains essais. L'usage est déconseillé sans avis médical. Les patients sous traitement immunosuppresseur après une greffe ne doivent pas consommer de griffe de chat sans l'accord de leur médecin.
- Antihypertenseurs : des cas d'interactions ont été rapportés.
- Médicaments métabolisés par le foie : prudence signalée dans certaines revues.
- Enfants de moins de 12 ans : déconseillé.
- Chirurgie programmée : l'arrêt est recommandé au moins 2 semaines avant une intervention, par précaution vis-à-vis de l'hémostase.
Liste détaillée et discussion par pathologie : contre-indications griffe de chat.
GATO3 : forme et qualité
GATO3 est formulé à partir d'écorce d'Uncaria tomentosa récoltée en Amazonie péruvienne. La poudre, brun clair à ocre, possède un goût boisé et léger en amertume. Les gélules HPMC sont végétales, sans ingrédient d'origine animale.
GATO3 n'est pas certifié bio. Seuls MACA3 et CAMU2 portent la certification biologique chez BOTANINCA. L'Uncaria tomentosa pousse à l'état sauvage en forêt amazonienne, ce qui rend la certification bio complexe : la cueillette sauvage exige une traçabilité de la zone de récolte et une certification de l'ensemble de la filière. Chaque lot fait l'objet de contrôles (pesticides, métaux lourds, contaminants microbiologiques) documentés et disponibles sur demande.
La portion journalière recommandée par le fabricant figure sur l'étiquette. Elle ne doit pas être interprétée comme une posologie pour une pathologie. Toute adaptation relève du professionnel de santé. GATO3, en tant que complément alimentaire, ne revendique aucun effet thérapeutique.
Avis et retours d'expérience
Les avis utilisateurs sont utiles pour évaluer le goût, la forme, la tolérance et la qualité du service. Ils ne remplacent pas une donnée clinique. Un ressenti individuel ne vaut pas preuve d'efficacité. Les cinq bêta-testeurs de BOTANINCA ont payé leurs produits.
Pour lire des retours détaillés : avis sur la griffe de chat.
Pour aller plus loin
- Griffe de chat et articulations
- Griffe de chat et immunité
- Contre-indications
- Griffe de chat et sclérose en plaques
- Griffe de chat en tisane
- Uncaria tomentosa vs Uncaria guianensis
- Données sur la griffe de chat et le cancer
- Découvrir GATO3
Complément alimentaire. Ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un traitement médical. Tenir hors de portée des jeunes enfants. Déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes. En cas de traitement médical, consultez votre médecin ou votre pharmacien.
Sources : - Piscoya J et al. Inflammation Research, 2001. PMID 11603848
- Mur E et al. Journal of Rheumatology, 2002. PMID 11950006.
- Lamm S et al. Phytomedicine, 2001. PMID 11515716.
- Arado GM et al. Frontiers in Pharmacology, 2024. PMID 38881881.
- Sandoval M et al. Free Radical Biology and Medicine, 2000. PMID 10962207.
- Allen-Hall L et al. Journal of Ethnopharmacology, 2010. PMID 19995599.
- Sandoval M et al. Phytomedicine, 2002. PMID 12120814.
- Heitzman ME et al. Phytochemistry, 2005. PMID 15649507.
Sections historiques et ethnobotaniques relues par Melissa Aramayo Alonso (fiche à l’Institut des Amériques).
Questions fréquentes
Vos questions : Griffe de Chat (Uña de Gato)
Non. Le règlement CE 1924/2006 n'a validé aucune allégation de santé pour Uncaria tomentosa. Un complément alimentaire à base de griffe de chat ne peut donc revendiquer aucun effet sur la santé. Les mécanismes décrits dans la littérature appartiennent à la plante dans des protocoles de recherche, pas à un produit du commerce.
Les deux lianes poussent en Amazonie et portent des épines recourbées, mais leur profil chimique diffère. Uncaria tomentosa concentre le corpus clinique le plus large en phytothérapie occidentale. Uncaria guianensis a été utilisée dans l'essai articulaire de Piscoya (2001, PMID 11603848). Sandoval et al. (2002, PMID 12120814) ont mesuré in vitro une activité antioxydante supérieure pour guianensis, sans que cela se traduise par un avantage clinique démontré.
Trois essais sont cités dans les revues de référence : deux essais randomisés contre placebo, Piscoya (2001, 45 participants, Uncaria guianensis, arthrose du genou) et Mur (2002, 40 participants, Uncaria tomentosa, polyarthrite rhumatoïde), et un essai vaccinal avec témoins non traités, sans placebo, Lamm (2001, volontaires masculins, réponse vaccinale). D'autres publications existent sur des populations spécifiques (patients sous chimiothérapie), mais ces trois essais constituent le socle articulaire et immunitaire de la littérature.
GATO3 utilise des gélules HPMC végétales, sans ingrédient d'origine animale. La poudre d'écorce elle-même est un végétal.
Pas sans avis médical. Les interactions documentées concernent les anticoagulants, les antihypertenseurs et les immunosuppresseurs. La griffe de chat possède des propriétés immunomodulatrices décrites in vitro et in vivo. Toute co-administration avec un traitement en cours relève du médecin ou du pharmacien.
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Mis à jour le 25 septembre 2026
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