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Griffe de ChatPar Lionel Jean-Marie · 3 juillet 2026 · 5 min de lecture

Griffe de chat et cancer : données disponibles et limites

La griffe de chat (Uncaria tomentosa) est parfois présentée comme une plante "anti-cancer". Cette affirmation dépasse ce que les données act

La griffe de chat est étudiée pour ses propriétés immunomodulatrices en oncologie. Ce que les données disponibles permet

La griffe de chat ne traite pas, ne prévient pas et ne guérit pas le cancer. C'est un complément alimentaire, sans aucune allégation de santé autorisée dans l'Union européenne. Le diagnostic et la prise en charge du cancer relèvent exclusivement d'un médecin.

Le cancer est une maladie grave, dont le diagnostic et la prise en charge relèvent exclusivement de la médecine. Disons-le d'emblée, sans détour : la griffe de chat (Uncaria tomentosa) ne traite pas, ne prévient pas et ne guérit pas le cancer, et aucune donnée ne permet de lui prêter un tel rôle. Cet article fait le point, de façon factuelle, sur ce que contient cette plante amazonienne, sur l'état — très limité — de la recherche, et sur les précautions essentielles. Pour le reste, voir le guide complet.

Une mise au point nécessaire

Aucune allégation de santé n'est autorisée dans l'Union européenne pour la griffe de chat. Cela signifie qu'en tant que complément alimentaire, elle ne peut revendiquer aucun effet sur une maladie, et le cancer n'échappe pas à cette règle — il en constitue même le cas le plus sensible.

Si vous êtes concerné, par vous-même ou par un proche, la seule démarche pertinente est de vous adresser à un médecin, un oncologue et l'équipe soignante. Un complément alimentaire, quel qu'il soit, ne se substitue à aucun traitement ni à aucun avis médical. Les informations ci-dessous ne sont ni un conseil thérapeutique ni une invitation à s'automédiquer.

Ce que la plante contient

Sur le plan de la composition, la griffe de chat est une liane dont on utilise l'écorce. Les analyses y décrivent plusieurs familles de molécules : des alcaloïdes oxindoliques (tétracycliques et pentacycliques), des glycosides de l'acide quinovique, des polyphénols et des stérols végétaux.

Ces éléments décrivent ce que la plante contient, et non ce qu'elle ferait dans l'organisme. La présence d'une molécule ne présage en rien d'un effet chez l'être humain, et encore moins d'un effet sur une maladie. C'est une donnée de botanique et de chimie, rien de plus.

Usage traditionnel : de quoi parle-t-on

Dans l'Amazonie péruvienne, l'écorce de liane est utilisée traditionnellement par les peuples amazoniens, dont les Asháninka. Cet usage relève de la tradition et du patrimoine culturel : il décrit une pratique ancienne, transmise, et non un effet démontré scientifiquement.

Il est important de ne pas confondre les deux registres. Qu'une plante soit « traditionnellement réputée » ne dit rien de son efficacité contre une maladie moderne comme le cancer. La tradition raconte une histoire humaine ; elle ne remplace pas l'évaluation clinique.

L'état de la recherche : préliminaire et non concluant

C'est le cœur du sujet, et il appelle la plus grande prudence. Des travaux se sont intéressés à Uncaria tomentosa, mais l'essentiel a été mené in vitro (sur cellules en culture) ou sur modèle animal. Des équipes comme celles de Sheng Y et collaborateurs ont exploré, en laboratoire, certaines propriétés des extraits.

Ces résultats, quels qu'ils soient, ne se transposent pas à l'être humain. Une observation faite sur des cellules dans une boîte de culture ne dit rien de ce qui se passe dans un organisme, et ne constitue en aucun cas la preuve d'un bénéfice. La littérature disponible chez l'humain est rare, de petite taille et méthodologiquement fragile ; elle ne permet aucune conclusion quant à un rôle de la plante dans la maladie cancéreuse. En l'état, les données sont exploratoires et non concluantes — un point qu'il faut énoncer clairement pour éviter tout malentendu.

Autrement dit : il n'existe pas de démonstration clinique qu'un complément à base de griffe de chat agisse sur un cancer, ni pour le traiter, ni pour le prévenir, ni pour en réduire les symptômes.

Précautions

Ce point est le plus important de l'article. N'utilisez jamais un complément alimentaire pour remplacer, retarder ou compléter un traitement anticancéreux sans en parler à votre médecin. Certaines plantes peuvent interférer avec des médicaments, dont des chimiothérapies et des immunosuppresseurs, ou perturber le suivi médical. La griffe de chat est déconseillée en cas de grossesse et d'allaitement, chez l'enfant, et chez les personnes sous traitement immunomodulateur ou en contexte de greffe.

Si vous suivez un traitement, si vous êtes en cours de bilan, ou si vous vous interrogez sur un symptôme, la démarche est toujours la même : consultez votre médecin ou votre oncologue avant toute prise. Aucune information lue en ligne ne remplace cet échange.

La griffe de chat est un complément alimentaire. Elle ne remplace ni une alimentation variée ni un traitement, et ne se substitue pas à un avis médical.

Sources : littérature disponible sur Uncaria tomentosa (travaux in vitro et sur modèle animal, dont ceux de Sheng Y et collaborateurs) ; règlement (CE) n° 1924/2006 relatif aux allégations de santé ; en l'absence de données cliniques suffisantes chez l'humain, aucune conclusion ne peut être tirée

Pour approfondir : notre guide complet sur la Griffe de Chat.

Questions fréquentes

Vos questions — Griffe de chat et cancer

La griffe de chat ne traite pas, ne prévient pas et ne guérit pas le cancer. C'est un complément alimentaire, sans aucune allégation de santé autorisée dans l'Union européenne. Le diagnostic et la prise en charge du cancer relèvent exclusivement d'un médecin.

Les travaux existants sont surtout menés in vitro ou sur l'animal, et ne se transposent pas à l'humain. Les rares données cliniques sont de petite taille et fragiles. La littérature reste préliminaire et ne permet aucune conclusion sur un rôle dans la maladie.

Son écorce renferme des alcaloïdes oxindoliques, des glycosides de l'acide quinovique, des polyphénols et des stérols végétaux. Ce sont des données de composition : elles décrivent ce que la plante contient, sans présager d'un quelconque effet chez l'être humain.

N'en prenez pas sans l'avis de votre médecin ou de votre oncologue. Certaines plantes peuvent interférer avec des médicaments, dont des chimiothérapies et des immunosuppresseurs. Un complément ne doit jamais remplacer ni retarder un traitement médical.

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Mis à jour le 3 juillet 2026