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Sécurité · Qualité

Métaux lourds dans les compléments : ce que dit la réglementation

7 min de lecture

C'est le premier risque matériel d'un complément à base de plantes, et le moins visible : aucun métal lourd ne se voit, ne se goûte, ne se sent.

En résumé

Les plantes concentrent les métaux présents dans leur sol. Le règlement (UE) 2023/915 fixe les teneurs maximales pour le plomb, le cadmium et le mercure dans les compléments alimentaires. La certification bio ne protège pas de ce risque : elle porte sur les intrants, pas sur la géologie. Seule une analyse par lot documente la conformité.

D'où viennent-ils

Quatre origines principales :

Le sol. Certains terrains sont naturellement riches en métaux. C'est une donnée géologique, indépendante du mode de culture.

La pollution environnementale. Activité industrielle, minière, trafic routier, retombées atmosphériques.

L'eau d'irrigation, particulièrement dans les zones d'activité minière.

Le procédé. Séchage, broyage, contact avec des équipements métalliques.

Un facteur aggrave le tout : les compléments sont des produits concentrés. Une poudre de plante représente plusieurs fois le poids de la plante fraîche. Ce qui était présent en traces se retrouve concentré d'autant.

Le cadre réglementaire

Le règlement (UE) 2023/915, qui a refondu le règlement 1881/2006, fixe les teneurs maximales en contaminants dans les denrées alimentaires, avec des entrées spécifiques pour les compléments alimentaires.

Les métaux visés en priorité :

Le plomb. Neurotoxique, particulièrement chez l'enfant. Pas de seuil d'innocuité identifié.

Le cadmium. Néphrotoxique, accumulation à long terme. Certaines plantes l'accumulent davantage.

Le mercure. Neurotoxique, forme organique la plus préoccupante.

L'arsenic. Encadré principalement sur le riz et dérivés, mais surveillé plus largement.

Les seuils diffèrent selon la catégorie de produit et évoluent. Les valeurs exactes applicables à un produit donné doivent être vérifiées dans la version en vigueur du règlement.

Ce que la certification bio ne fait pas

Point essentiel, et régulièrement mal compris.

Le bio interdit les pesticides et engrais de synthèse. Il n'a aucun effet sur les métaux lourds d'origine géologique ou atmosphérique. Une plante bio cultivée sur un sol chargé en cadmium contiendra du cadmium.

Le bio est une garantie sur ce qu'on ajoute au champ. Les métaux lourds sont déjà dans le champ.

Comment un opérateur sérieux gère ce risque

Il connaît l'origine géographique précise de ses matières premières, à la région près, pas seulement le pays.

Il analyse chaque lot ou selon un plan de contrôle documenté, dans un laboratoire accrédité.

Il conserve les certificats d'analyse et peut les produire sur demande.

Il a des critères d'acceptation internes et refuse les lots non conformes.

Ce que vous pouvez vérifier

Demandez au vendeur, par écrit :

  • l'origine géographique précise de la matière première
  • si les lots font l'objet d'analyses de métaux lourds
  • s'il peut communiquer le certificat d'analyse du lot que vous achetez
  • quel laboratoire réalise les analyses

Une réponse claire et documentée est un signal fort. Une réponse évasive, un renvoi vers « nos produits sont certifiés bio » (qui ne répond pas à la question), ou l'absence de réponse en sont un autre.

Les plantes les plus concernées

Certaines espèces accumulent davantage. C'est le cas notamment de plantes à racines ou à feuilles larges, dont le système capte efficacement les éléments du sol.

Pour les plantes à racine comme la maca, la question de l'origine et des analyses est particulièrement pertinente, puisque l'organe consommé est celui qui est en contact direct avec le sol.

Sources

  • Règlement (UE) 2023/915 sur les contaminants dans les denrées alimentaires
  • EFSA — avis scientifiques sur le plomb, le cadmium et le mercure
  • ANSES — études de l'alimentation totale

Questions fréquentes

Questions fréquentes — Métaux lourds dans les compléments

Non. Conforme signifie sous les seuils réglementaires, pas absent. Le zéro absolu n'existe pas dans un produit d'origine agricole.

C'est précisément le mode de consommation d'un complément, d'où l'importance des seuils : ils sont établis en tenant compte d'une exposition chronique.

En le demandant. Aucune obligation d'affichage n'existe, mais l'opérateur doit pouvoir justifier de la sécurité de son produit.

Updated on 20 juillet 2026