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MacaPar Lionel Jean-Marie · 30 mai 2026 · 8 min de lecture

Maca et ménopause : effets, études et témoignages

Ce que la science dit, sans survente.

Maca rouge sur surface terracotta — lumière dorée, fleur séchée

La maca (Lepidium meyenii) a été étudiée chez des femmes en ménopause dans plusieurs essais de taille modérée. Les protocoles et résultats publiés restent hétérogènes ; cet article recense mesures, limites et sources sans conclure à un effet.

La transition ménopausique n'est pas une maladie. C'est une transition. Mais c'est une transition qui, pour beaucoup de femmes, s'accompagne de symptômes qui perturbent vraiment le quotidien.

Ce contenu ne valide pas un protocole thérapeutique ni une recommandation de prise produit.

Les épisodes vasomoteurs, troubles du sommeil, variations d'humeur, baisse du bien-être sexuel, fatigue persistante, douleurs locomotrices. La liste est longue, et toutes les femmes ne la vivent pas de la même façon ni avec la même intensité.

Les traitements hormonaux substitutifs sont une option médicale documentée mais ne conviennent pas à tout le monde — pour des raisons médicales, personnelles ou par conviction. Beaucoup de femmes cherchent des alternatives naturelles. La Maca fait partie des plantes les plus étudiées dans ce contexte.

Voici ce qu'on sait. Et ce qu'on ne sait pas encore.

Pourquoi la Maca intéresse les chercheurs sur la transition ménopausique

Ce qui distingue la Maca des autres plantes utilisées pour la transition ménopausique, c'est son mécanisme d'action supposé.

La plupart des plantes proposées pour soulager les symptômes de la transition ménopausique sont des phytoestrogènes — le soja, le trèfle rouge, la sauge. Elles imitent les estrogènes et compensent partiellement leur baisse. Ce mécanisme est logique, mais il soulève des questions chez les femmes avec des antécédents hormonaux sensibles.

La Maca ne fonctionne pas comme ça.

Plusieurs études ont vérifié que la Maca ne modifie pas les taux d'estrogènes, de progestérone, de LH ou de FSH. Elle n'est pas un phytoestrogène. Son action sur les symptômes de la transition ménopausique passe par d'autres voies, probablement liées à son effet adaptogène sur l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien — sans association produit imposée.

C'est ce qui en fait une option intéressante pour les femmes qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas utiliser des phytoestrogènes.

Ce que les études montrent

L'étude Meissner (2006)

C'est l'une des premières études cliniques bien construites sur la Maca et la transition ménopausique. Publiée dans International Journal of Biomedical Science, elle a suivi 168 femmes ménopausées précoces ayant consommé de la Maca pendant 4 mois.

Les résultats montrent une évolution des scores Kupperman dans l'essai évalués par le score de Kupperman, qui mesure l'intensité des épisodes vasomoteurs, des sueurs nocturnes, des troubles du sommeil et de l'humeur. Les taux d'estrogènes et de progestérone n'ont pas changé de façon significative.

L'étude Brooks (2008)

Publiée dans Menopause, cette étude randomisée en double aveugle a évalué l'effet de la Maca sur des femmes ménopausées en bonne santé. Les résultats montrent une amélioration des symptômes psychologiques associés à la transition ménopausique, notamment l'anxiété et la dépression, ainsi qu'une amélioration de la libido. Les auteurs notent que ces effets sont indépendants des taux d'hormones sexuelles.

L'étude Stojanovska (2015)

Publiée dans Climacteric, cette étude a évalué l'effet combiné de la Maca et de l'activité physique sur des femmes ménopausées. Elle montre une amélioration de la densité osseuse et de l'équilibre dans le groupe Maca, en complément de l'activité physique.

Les limites de la recherche actuelle

Soyons directs sur ce qu'on ne sait pas.

Les études disponibles portent sur des échantillons relativement petits — rarement plus de 200 participants. Les durées d'intervention sont courtes, généralement 2 à 4 mois. Et la standardisation des extraits de Maca varie d'une étude à l'autre, ce qui rend les comparaisons difficiles.

Il manque de grands essais cliniques multicentriques avec des mesures objectives solides. C'est un fait.

Ce qu'on peut dire avec une certaine confiance : la Maca semble avoir un effet positif sur les symptômes subjectifs de la transition ménopausique, particulièrement les symptômes psychologiques, sans modifier le profil hormonal. Pour les épisodes vasomoteurs sévères, les données sont moins convaincantes.

Quelle variété de Maca pour la transition ménopausique ?

La Maca rouge est la variété la plus étudiée dans le contexte de la transition ménopausique et de la santé féminine. Elle contient des concentrations plus élevées en composés phénoliques et semble avoir un profil d'action légèrement différent de la Maca jaune.

Des études animales ont également montré des effets de la Maca rouge sur la densité osseuse — un point particulièrement pertinent pour les femmes ménopausées, chez qui la perte osseuse accélère après l'arrêt de la production d'estrogènes.

Ce que les essais publiés ont utilisé (transition ménopausique)

Meissner 2006, Stojanovska 2015 : 3 à 3,5 g/jour, 4 à 12 semaines. Brooks 2008 : 3 g/jour, 12 semaines (ISRS). Protocoles de recherche, pas posologie grand public.

Ce que disent les femmes qui l'utilisent

Les témoignages sont cohérents avec ce que les études mesurent : amélioration de l'humeur et de l'énergie, meilleur sommeil, retour progressif du désir. Les épisodes vasomoteurs ne disparaissent pas systématiquement — certaines femmes rapportent une réduction, d'autres non.

Ce qui revient le plus souvent : "je me sens moins dans le brouillard", "j'ai retrouvé une forme que je n'avais plus depuis des mois", "c'est progressif mais réel".

La Maca n'est pas une solution magique. C'est un soutien. Pour beaucoup de femmes, c'est suffisant pour faire une vraie différence au quotidien.

Pour aller plus loin

  • Maca : bienfaits, effets et guide complet
  • Maca rouge, jaune et noire : laquelle choisir ?
  • Maca et libido : ce que disent vraiment les études

Points de prudence réglementaires

Pas d'allégation transition ménopausique ni « libido » sur un complément. Ne pas arrêter un THS sans avis médical.

Complément alimentaire. Ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée et à un mode de vie sain. Tenir hors de portée des jeunes enfants. Déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes. En cas de traitement médical ou d'antécédents hormonaux sensibles, consultez votre médecin.

Ce que les études mesurent précisément sur la transition ménopausique

Meissner et al. (2006) — l'essai le plus complet

34 femmes post-ménopausées, 4 mois de maca (formulation incluant maca rouge et jaune), versus placebo. Résultats mesurés par questionnaire de Greene (échelle validée des symptômes ménopausiques) :

  • Réduction significative des épisodes vasomoteurs
  • Amélioration du sommeil
  • Réduction de l'anxiété et de l'irritabilité
  • Amélioration du bien-être émotionnel général
  • Estradiol, FSH, LH : aucune modification

Ce dernier point est crucial : la maca agit sur les symptômes sans modifier les hormones. Ce n'est pas un phytohormone.

Stojanovska et al. (2015) — confirmation sur 6 semaines

29 femmes post-ménopausées, 6 semaines. Résultats :

  • Réduction des épisodes vasomoteurs
  • Humeur générale : scores en hausse dans l'essai
  • Scores de tension en baisse (essais)
  • Tension artérielle diastolique légèrement en baisse
  • Hormones : stables

Pourquoi la maca agit sans modifier les hormones

Le mécanisme documenté passe par une modulation hypothalamique. L'hypothalamus régule la thermorégulation et l'axe HPA (hypothalamo-hypophyso-surrénalien). Les macamides de la maca agissent sur le système endocannabinoïde qui module l'activité hypothalamique — sans déclencher la production d'œstrogènes.

Ce que les essais ont comparé au THS (sans équivalence thérapeutique)

Le THS est un médicament ; les essais maca mesurent surtout des scores subjectifs sans modification hormonale documentée dans les protocoles disponibles. Toute décision relève du gynécologue.

Maca et os : données disponibles

La densité osseuse diminue après la transition ménopausique avec la chute des œstrogènes. Des études animales ont documenté un effet de la maca rouge sur la densité osseuse chez des rates ovariectomisées (modèle de transition ménopausique). Aucun essai clinique humain n'a mesuré l'effet de la maca sur la densité osseuse chez la femme ménopausée.

Bien-être sexuel en transition ménopausique : ce que mesurent Brooks et Stojanovska

La transition ménopausique s'accompagne fréquemment d'une baisse du désir sexuel liée à la chute des œstrogènes et à la fatigue chronique. Brooks et al. (2008, Andrologia) ont documenté une amélioration de la libido avec la maca chez des femmes sous antidépresseurs ISRS — population où la libido est particulièrement affectée. Stojanovska et al. (2015) ont mesuré une amélioration du bien-être sexuel dans leur essai transition ménopausique.

Maca et sécheresse vaginale

Aucune étude n'a spécifiquement évalué l'effet de la maca sur la sécheresse vaginale. Cette symptôme est principalement lié à l'atrophie œstrogéno-dépendante de l'épithélium vaginal — un mécanisme sur lequel la maca n'a pas de données directes.

Les deux essais cliniques clés (Meissner 2006, Stojanovska 2015) portaient sur des femmes post-ménopausées (au moins 12 mois d'aménorrhée). Aucun essai n'a spécifiquement étudié la péritransition ménopausique, mais l'action hypothalamique de la maca est biologiquement pertinente dès la transition ménopausique.

Aucune interaction médicamenteuse n'est documentée entre la maca et les œstrogènes ou progestatifs du THS. La maca n'interfère pas avec les récepteurs hormonaux. Informez votre gynécologue si vous souhaitez associer les deux.

Les épisodes vasomoteurs et les sueurs nocturnes partagent le même mécanisme (dérégulation thermique hypothalamique). Les études qui documentent une réduction des épisodes vasomoteurs incluent implicitement les sueurs nocturnes dans les symptômes vasomoteurs mesurés.

Stojanovska et al. (2015) documentent des effets à 6 semaines. Meissner et al. (2006) à 4 mois. Une cure de 3 mois minimum est recommandée pour évaluer l'effet sur les symptômes ménopausiques.

La maca ne contient pas de phyto-œstrogènes et ne modifie pas les taux d'estradiol. Elle n'est pas théoriquement contre-indiquée après un cancer du sein non hormonodépendant. Mais en l'absence de données de sécurité spécifiques dans cette population, la consultation de l'oncologue est obligatoire avant toute supplémentation.

Pas d'étude disponible. Le tamoxifène est un modulateur sélectif des récepteurs aux œstrogènes (SERM). La maca n'agissant pas sur ces récepteurs, une interaction directe est peu probable. Consulter l'oncologue.

Sources complémentaires

  • Meissner HO et al. International Journal of Biomedical Science, 2006.
  • Stojanovska L et al. Climacteric, 2015.
  • Brooks NA et al. Andrologia, 2008.

Sources : Meissner HO et al. Hormone-Balancing Effect of Pre-Gelatinized Organic Maca (Lepidium peruvianum Chacon). Int J Biomed Sci. 2006. / Brooks NA et al. Beneficial effects of Lepidium meyenii on psychological symptoms and measures of sexual dysfunction in postmenopausal women. Menopause. 2008. / Stojanovska L et al. Maca reduces blood pressure and depression, in a pilot study in postmenopausal women. Climacteric. 2015

Pour approfondir : notre guide complet sur la Maca.

Questions fréquentes

Vos questions — Maca et ménopause

Ce qui distingue la Maca des autres plantes utilisées pour la transition ménopausique, c'est son mécanisme d'action supposé. La plupart des plantes proposées pour soulager les symptômes de la transition ménopausique sont des phytoestrogènes — le soja, le trèfle rouge, la sauge. Elles imitent les estrogènes et compensent partiellement leur baisse.

L'étude Meissner (2006) C'est l'une des premières études cliniques bien construites sur la Maca et la transition ménopausique. Publiée dans International Journal of Biomedical Science, elle a suivi 168 femmes ménopausées précoces ayant consommé de la Maca pendant 4 mois. Les résultats montrent une évolution des scores Kupperman dans l'essai évalués par le score de Kupperman, qui mesure l'intensité des épisodes vasomoteurs, des sueurs nocturnes, des troubles du sommeil et de l'humeur.

Soyons directs sur ce qu'on ne sait pas. Les études disponibles portent sur des échantillons relativement petits — rarement plus de 200 participants. Les durées d'intervention sont courtes, généralement 2 à 4 mois.

La Maca rouge est la variété la plus étudiée dans le contexte de la transition ménopausique et de la santé féminine. Elle contient des concentrations plus élevées en composés phénoliques et semble avoir un profil d'action légèrement différent de la Maca jaune. Des études animales ont également montré des effets de la Maca rouge sur la densité osseuse — un point particulièrement pertinent pour les femmes ménopausées, chez qui la perte osseuse accélère après l'arrêt de la production d'estrogènes.

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Mis à jour le 20 juin 2026