Aller au contenu

Livraison offerte dès 35 € en France métropolitaine · Abo sans engagement

MacaPar Lionel Jean-Marie · 18 septembre 2026 · 9 min de lecture

Maca jaune, rouge, noire : composition mesurée

Une seule espèce, un continuum de couleurs d'hypocotyle. Glucosinolates et macamides mesurés couleur par couleur, et ce que la parcelle change.

Trois ecotypes de maca cote a cote : jaune, rouge-violet et noire, sur pierre creme.

Les trois couleurs appartiennent à la même espèce, Lepidium meyenii Walp. La couleur désigne l'hypocotyle, et la littérature décrit un continuum du crème au noir plutôt que trois variétés fixes (Quirós et Aliaga Cárdenas, 1997, repris par Clément et al., J Sci Food Agric, 2010;90:861-869).

Jaune, rouge, noire : ces trois mots décrivent la couleur de l'hypocotyle, l'organe renflé que la maca forme sous la surface du sol. Ils ne décrivent ni trois espèces, ni trois variétés fixées. Une seule espèce porte ces couleurs, et la littérature botanique décrit un continuum plutôt que trois cases : du crème au jaune, puis rose, violet, plomb et noir (Quirós et Aliaga Cárdenas, 1997, cités par Clément et al., Journal of the Science of Food and Agriculture, 90, 861-869, 2010).

Ce que la couleur change dans la composition, une étude de plein champ l'a mesuré sur 32 parcelles à 4 130 mètres d'altitude. Les hypocotyles plomb y portaient près de deux fois plus de glucosinolates que les jaunes. Les violets portaient le plus de macamides. Le même travail a relevé un second facteur que les pages de vente passent sous silence : l'histoire de la parcelle déplace ces teneurs elle aussi.

Aucune allégation de santé n'est autorisée pour la maca dans l'Union européenne. Cette page reste donc sur ce qui se mesure : les teneurs publiées, le dispositif qui les a produites, et ce que ce dispositif ne dit pas.

Une espèce, plusieurs couleurs d'hypocotyle

La classification des couleurs vient du chapitre de Carlos Quirós et Rolando Aliaga Cárdenas dans Andean roots and tubers: ahipa, arracacha, maca and yacon (Hermann M. et Heller J. éd., IPGRI, 1997, p. 173-197, ISBN 92-9043-351-5). Les auteurs y décrivent une gamme continue, du crème au noir, sur des populations cultivées à partir de semences non triées.

La conséquence tient en une phrase : une parcelle semée à la volée sort un mélange de couleurs, et le tri se fait après la récolte, à la main. La maca noire d'un sachet ne vient pas d'un champ de maca noire. Elle vient du tri d'une récolte mêlée.

Plusieurs pages françaises annoncent treize phénotypes, d'autres une quinzaine. Aucune de celles que nous avons lues ne nomme la publication d'où sort le compte. Le chapitre de 1997 décrit une gamme de couleurs, pas une liste fermée de types numérotés.

Ce qu'une étude de plein champ a mesuré

Clément et ses coauteurs ont planté 3 200 plants sur 32 parcelles, à Alpacayan, dans le département de Pasco, à 4 130 mètres. Quatre couleurs d'hypocotyle entraient dans le dispositif : jaune, rose, violet et plomb. Deux terrains voisins servaient de comparaison, l'un jamais mis en culture, l'autre planté en maca deux à trois ans plus tôt.

Les hypocotyles plomb dominaient sur les glucosinolates (près de deux fois plus que les jaunes), les violets sur les macamides. Les auteurs concluent que la couleur doit entrer dans les décisions de production, puis posent deux limites. La première : les associations demandent confirmation sur d'autres accessions. La seconde compte davantage encore, et ils l'écrivent sans détour : le principe actif qui porterait les usages de la maca n'est pas établi à ce jour.

L'histoire de la parcelle déplace les mêmes chiffres

Le tableau se lit aussi en lignes. Chez la maca jaune, les glucosinolates augmentent d'un tiers quand la parcelle a déjà porté une culture de maca, un écart dû au terrain, pas à la couleur. Chez la violette, les macamides montent dans le même cas.

Chez la plomb, les deux valeurs bougent à peine. L'effet de l'antécédent cultural dépend donc de la couleur, ce qui rend la lecture plus délicate qu'un classement en trois rangs.

Un acheteur ne voit ni le terrain, ni son antécédent. Il voit une couleur sur un sachet. Cette étude montre qu'une couleur ne suffit pas à prédire une teneur, et c'est le point que la page de vente moyenne écarte.

Les chiffres qui circulent sans leur source

Une affirmation revient sur le marché français : la maca noire représenterait 10 à 15 % de la récolte. Nous n'avons trouvé aucune page qui rattache ce chiffre à un relevé de terrain, à un organisme ou à une année.

Le principe de la maison vaut ici comme ailleurs. Un chiffre sans source ne se recopie pas, même quand il arrange le récit. Nous préférons écrire que la part des couleurs dans une récolte dépend du lot de semences et du tri, et que le compte précis demande un relevé que nous n'avons pas lu.

Deux noms scientifiques pour la même plante

Les étiquettes portent tantôt Lepidium meyenii Walp., tantôt Lepidium peruvianum G.Chacón. Le référentiel Plants of the World Online, tenu par les Jardins botaniques royaux de Kew, retient Lepidium meyenii Walp. comme nom accepté et range Lepidium peruvianum G.Chacón, publié dans la Revista Peruana de Biología 3 : 202 en 1990, parmi ses synonymes hétérotypiques. L'aire native indiquée va du sud du Pérou au nord-ouest de l'Argentine.

Quelques équipes continuent d'employer Lepidium peruvianum dans leurs publications. Un lecteur qui compare deux articles gagne à savoir que les deux noms visent la même plante, sous deux traitements taxonomiques.

Ce que la couleur ne dit pas encore

Une dernière ligne du dossier change la lecture du tableau. Les macamides manquent des tissus frais et intacts : elles se forment après la récolte, pendant le séchage, et les hypocotyles séchés selon la pratique andine ou au four industriel en portent jusqu'à 800 µg par gramme de matière sèche (Huang, Peng et Qiu, Natural Products and Bioprospecting, 8(6), 405-412, 2018).

Comparer les macamides de deux couleurs revient donc à comparer deux histoires de séchage autant que deux génotypes. La question suivante ne porte plus sur la couleur du sachet, elle porte sur les trois mois qui séparent la récolte du sac.

→ Junín, berceau de la maca → Le séchage traditionnel de la maca → Pourquoi l'altitude façonne la composition de la maca → La maca : guide complet → MACA³ en gélules

Sources

Quirós CF, Aliaga Cárdenas R. Maca (Lepidium meyenii). In: Hermann M, Heller J, éd. Andean roots and tubers. IPGRI; 1997:173-197. ISBN 92-9043-351-5. Clément C et al. Influence of colour type and previous crop on various compounds of maca (Lepidium meyenii). J Sci Food Agric. 2010;90:861-869. Huang YJ, Peng HS, Qiu MH. Macamides and their synthetic analogs: chemistry, biology, and potential applications. Nat Prod Bioprospect. 2018;8(6):405-412. Plants of the World Online. Lepidium meyenii Walp. Jardins botaniques royaux de Kew.

Article informatif. Ne se substitue pas à un avis médical. Complément alimentaire : ne remplace pas une alimentation variée et équilibrée.

Questions fréquentes

Vos questions : Maca jaune, rouge, noire

Les trois couleurs appartiennent à la même espèce, Lepidium meyenii Walp. La couleur désigne l'hypocotyle, et la littérature décrit un continuum du crème au noir plutôt que trois variétés fixes (Quirós et Aliaga Cárdenas, 1997, repris par Clément et al., J Sci Food Agric, 2010;90:861-869).

Les hypocotyles de couleur plomb, dans le dispositif de Clément et ses coauteurs, portaient près de deux fois plus de glucosinolates que les jaunes. La mesure porte sur 32 parcelles à 4 130 mètres, dans le département de Pasco, et les auteurs demandent confirmation sur d'autres accessions.

Non, et la même étude le montre : sur la maca jaune, la teneur en glucosinolates augmente d'un tiers quand la parcelle a précédemment accueilli de la maca. L'antécédent cultural pèse sur la teneur au même titre que la couleur, et il ne figure sur aucune étiquette.

Parce que deux noms scientifiques ont circulé. La base Plants of the World Online (Kew) accepte le nom Lepidium meyenii Walp. et range Lepidium peruvianum G.Chacón (1990) parmi les synonymes. Meissner et al. (2006, PMID 23675006) emploient le second nom pour désigner la même plante.

Ce chiffre circule sur des pages françaises sans référence rattachée. Nous ne l'avons trouvé dans aucun relevé nommé avec son organisme et son année, donc nous ne le reprenons pas. La part des couleurs dépend du lot de semences et du tri après récolte.

Offre lecteurs

Recevez -15% sur votre première commande

Un code promo vous attend par email. Pour découvrir MACA³, CAMU² ou GATO³.

Pas de spam. Désabonnement en un clic.

MACA³

Découvrir BOTANINCA

MACA³

Énergie des Sommets : Maca jaune, rouge et noire bio

Voir le produit →

Mis à jour le 18 septembre 2026