Traçabilité : remonter un lot de maca jusqu'à sa parcelle
Numéro de lot obligatoire, parcelle facultative. Ce que le droit européen impose en traçabilité alimentaire, et ce qui reste au choix du fabricant.

Oui, sauf dispense. La directive 2011/91/UE impose une mention de lot sur les denrées préemballées, précédée de la lettre « L » quand elle ne se distingue pas des autres indications.
Le numéro de lot d'un complément alimentaire est obligatoire, la mention de sa parcelle d'origine ne l'est pas. Le droit européen exige de chaque exploitant qu'il sache de qui il a reçu une marchandise et à qui il l'a livrée, une étape en amont, une étape en aval. Il n'exige nulle part que cette chaîne remonte jusqu'au champ. L'écart entre les deux niveaux décide de ce qu'une marque peut prouver d'un flacon, et de ce qu'elle se contente d'affirmer.
Cette page sépare les deux. D'un côté le socle réglementaire, qui vaut pour tout opérateur du marché européen. De l'autre l'identité agronomique d'un lot, que rien n'oblige à documenter et que la recherche rend pourtant lisible.
Un numéro de lot sert à trois choses : isoler une production quand un problème apparaît, rattacher une analyse à un stock précis, répondre à la question d'un client sur le flacon qu'il tient en main. Ces trois usages tombent dès que le numéro cesse de renvoyer à une réalité de production.
Une étape en amont, une étape en aval
L'article 18 du règlement (CE) n° 178/2002 pose la règle. La traçabilité des denrées alimentaires est établie à toutes les étapes de la production, de la transformation et de la distribution. L'article 65 du même texte rend cette obligation applicable depuis le 1er janvier 2005.
Ce que l'article demande à un exploitant tient en quatre points. Il identifie les fournisseurs dont il reçoit ses produits. Il identifie les entreprises auxquelles il livre les siens. Il tient ces informations à disposition des autorités compétentes. Les denrées qu'il met sur le marché portent un étiquetage ou une identification qui facilite leur traçabilité.
La portée du texte s'arrête là. L'article 18 ne dit rien de la parcelle, rien du producteur au bout de la chaîne, rien de la date de récolte. Un importateur français en règle avec l'article 18 connaît son fournisseur péruvien. Il ne connaît pas le champ pour autant.
L'article 19 dit à quoi cette chaîne sert. Un exploitant qui a des raisons de penser qu'une denrée mise sur le marché ne répond pas aux prescriptions de sécurité engage sans délai les procédures de retrait, et il informe les autorités compétentes quand le produit peut nuire à la santé humaine. Sans identification de lot, ce retrait porte sur tout le stock.
Ce qu'est un lot, au sens du droit
La directive 2011/91/UE définit le lot comme un ensemble d'unités de vente d'une denrée alimentaire produite, fabriquée ou conditionnée dans des circonstances identiques. Trois conséquences suivent cette définition.
Le lot se détermine par le producteur, le fabricant, le conditionneur ou le premier vendeur établi dans l'Union européenne, et par personne d'autre. Un fabricant qui embouteille deux récoltes le même jour a le droit d'en faire un lot unique. Il perd alors la capacité de les distinguer, et personne ne le lui reprochera.
La mention se précède de la lettre « L », sauf quand elle se distingue des autres indications de l'étiquette. Elle reste visible, lisible et indélébile sur l'emballage.
La directive dispense enfin de la mention de lot le produit dont l'étiquetage porte une date de durabilité minimale ou une date limite de consommation comportant au moins le jour et le mois. Un flacon sans numéro de lot apparent n'est donc pas hors la loi si sa date porte le jour.
Le socle légal ne remonte pas au champ
Un complément peut respecter l'article 18, porter une identification de lot conforme, et ne rien dire de son origine agricole. La conformité et la transparence sont deux registres distincts, et les confondre arrange le vendeur.
La certification bio ajoute un étage de contrôle, avec ses audits sur site et son certificat d'inspection à l'entrée dans l'Union. Elle atteste un mode de production. Elle ne rattache pas un flacon à une parcelle nommée.
Ce qui manque aux deux dispositifs, c'est l'amont agricole. Quelle parcelle, à quelle altitude, après quelle culture, séchée par quel procédé. Aucun texte ne l'exige. Une filière qui le documente le fait par choix, et ce choix se vérifie sur pièces ou ne vaut rien.
Quatre variables qui font l'identité d'un lot de maca
La recherche agronomique désigne les variables qui comptent, et ce ne sont pas celles que l'étiquette met en avant.
L'antécédent cultural déplace la composition. Chez la maca jaune, Clément et ses coauteurs mesurent des glucosinolates totaux de 28,42 µmol/g de matière sèche sur une conduite de parcelle et 37,23 µmol/g sur une autre (Journal of the Science of Food and Agriculture, 90, 861-869, 2010). Deux lots de même couleur, issus de deux parcelles voisines, ne portent pas la même charge.
Le séchage forme une partie des composés au lieu de les conserver. Les macamides manquent du tissu frais : elles apparaissent pendant le séchage, et Huang, Peng et Qiu relèvent des teneurs allant jusqu'à 800 µg/g de matière sèche (Natural Products and Bioprospecting, 8(6), 405-412, 2018). Un lot se décrit donc par son procédé, pas par sa plante seule.
La couleur ne suffit pas à prédire la teneur, et le travail de Clément et de ses coauteurs le montre sur la maca jaune. Elle reste un critère de tri à la récolte, pas une garantie analytique.
La date de récolte ferme la liste, parce qu'elle rattache le lot à une saison de culture et à un état de la parcelle à ce moment précis.
Un registre de lot qui porte ces quatre entrées, parcelle, antécédent cultural, couleur triée, procédé de séchage, dit quelque chose de vérifiable. Un numéro seul ne dit rien.
Ce qu'un acheteur peut demander
Trois questions suffisent à situer un fabricant, et leurs réponses se recoupent.
Le numéro de lot du flacon renvoie-t-il à une seule récolte ? La réponse tient en un oui ou un non. La directive laisse le fabricant libre de regrouper, donc la question mérite d'être posée.
Un certificat d'analyse existe-t-il pour ce lot précis ? Le règlement (UE) 2023/915 fixe les teneurs maximales en contaminants dans les denrées alimentaires, en remplacement du règlement (CE) n° 1881/2006 depuis mai 2023. Une analyse rattachée au numéro du flacon vaut mieux qu'un rapport générique sur la matière première.
La parcelle est-elle nommée ? Aucune obligation ne protège l'acheteur sur ce point. La réponse dépend de ce que la filière a construit en amont, et de ce qu'elle accepte de montrer.
Le jour où un numéro de lot renvoie à une parcelle, à une date de récolte et à un procédé, la question change de nature. Elle ne porte plus sur la confiance accordée à une marque, mais sur ce que ses registres contiennent. Peu de filières acceptent ce déplacement, et il se mesure au premier document demandé.
→ Le séchage traditionnel de la maca → Maca jaune, rouge, noire : ce que disent les analyses → L'héritage andin, des terroirs aux peuples → MACA³ en gélules
Questions fréquentes
Le numéro de lot est-il obligatoire sur un complément alimentaire ?
Oui, sauf dispense. La directive 2011/91/UE impose une mention de lot sur les denrées préemballées, précédée de la lettre « L » quand elle ne se distingue pas des autres indications. Son article 5 lève l'obligation quand l'étiquetage porte une date de durabilité minimale ou une date limite de consommation comportant au moins le jour et le mois. Un flacon daté au jour près reste donc conforme sans numéro apparent.
Que signifie la lettre L devant un numéro de lot ?
Elle signale que le code qui suit identifie le lot. La directive 2011/91/UE l'impose sauf quand la mention se distingue déjà des autres indications de l'étiquette, et elle exige que cette mention reste visible, lisible et indélébile. La lettre ne dit rien du contenu du lot : elle ouvre la porte de la question, elle n'y répond pas.
La traçabilité oblige-t-elle un fabricant à nommer la parcelle d'origine ?
Non. L'article 18 du règlement (CE) n° 178/2002 oblige chaque exploitant à identifier ses fournisseurs et les entreprises auxquelles il livre, une étape en amont et une étape en aval. Il n'exige aucune remontée jusqu'au champ, ni date de récolte, ni nom de parcelle. Un fabricant qui documente ces éléments dépasse la loi, et cette différence se vérifie sur pièces.
Deux lots de maca de même couleur ont-ils la même composition ?
Non. Clément et ses coauteurs mesurent, chez la maca jaune, des glucosinolates totaux de 28,42 µmol/g de matière sèche sur une conduite de parcelle et 37,23 µmol/g sur une autre (Journal of the Science of Food and Agriculture, 90, 861-869, 2010). L'antécédent cultural pèse sur la teneur, la couleur ne la prédit pas.
Que demander à un fabricant pour vérifier la traçabilité d'un flacon ?
Trois questions. Le numéro de lot renvoie-t-il à une seule récolte ou à un regroupement ? Un certificat d'analyse existe-t-il pour ce lot précis, et non pour la matière première en général ? La parcelle et la date de récolte sont-elles enregistrées ? Les réponses situent une filière mieux qu'un argumentaire.
Sources
Règlement (CE) n° 178/2002, articles 18, 19 et 65. EUR-Lex. Directive 2011/91/UE relative aux mentions ou marques permettant d'identifier le lot auquel appartient une denrée alimentaire. EUR-Lex. Règlement (UE) 2023/915 fixant les teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires. EUR-Lex. Clément C et al. Influence of colour type and previous crop on various compounds of maca (Lepidium meyenii). J Sci Food Agric. 2010;90:861-869. * Huang YJ, Peng HS, Qiu MH. Macamides and their synthetic analogs: chemistry, biology, and potential applications. Nat Prod Bioprospect. 2018;8(6):405-412.
Article informatif. Ne se substitue pas à un avis médical. Complément alimentaire : ne remplace pas une alimentation variée et équilibrée.
Questions fréquentes
Vos questions : Traçabilité
Oui, sauf dispense. La directive 2011/91/UE impose une mention de lot sur les denrées préemballées, précédée de la lettre « L » quand elle ne se distingue pas des autres indications. Son article 5 lève l'obligation quand l'étiquetage porte une date de durabilité minimale ou une date limite de consommation comportant au moins le jour et le mois. Un flacon daté au jour près reste donc conforme sans numéro apparent.
Elle signale que le code qui suit identifie le lot. La directive 2011/91/UE l'impose sauf quand la mention se distingue déjà des autres indications de l'étiquette, et elle exige que cette mention reste visible, lisible et indélébile. La lettre ne dit rien du contenu du lot : elle ouvre la porte de la question, elle n'y répond pas.
Non. L'article 18 du règlement (CE) n° 178/2002 oblige chaque exploitant à identifier ses fournisseurs et les entreprises auxquelles il livre, une étape en amont et une étape en aval. Il n'exige aucune remontée jusqu'au champ, ni date de récolte, ni nom de parcelle. Un fabricant qui documente ces éléments dépasse la loi, et cette différence se vérifie sur pièces.
Non. Clément et ses coauteurs mesurent, chez la maca jaune, des glucosinolates totaux de 28,42 µmol/g de matière sèche sur une conduite de parcelle et 37,23 µmol/g sur une autre (*Journal of the Science of Food and Agriculture*, 90, 861-869, 2010). L'antécédent cultural pèse sur la teneur, la couleur ne la prédit pas.
Trois questions. Le numéro de lot renvoie-t-il à une seule récolte ou à un regroupement ? Un certificat d'analyse existe-t-il pour ce lot précis, et non pour la matière première en général ? La parcelle et la date de récolte sont-elles enregistrées ? Les réponses situent une filière mieux qu'un argumentaire.
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Mis à jour le 18 septembre 2026
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