Aller au contenu

Livraison offerte dès 35€ · Abo sans engagement

Camu CamuPar Lionel Jean-Marie · 18 septembre 2026 · 9 min de lecture

Myrciaria dubia : la botanique de l'arbuste camu camu

Un arbuste de myrtacée haut de 4 m qui vit sur les berges inondables d'Amazonie. Nom, port, feuille, fruit, habitat et calendrier.

Arbuste de camu camu (Myrciaria dubia) avec ses baies rouges sur une berge inondable d'Amazonie.

Myrciaria dubia (Kunth) McVaugh, famille des myrtacées. La combinaison a été publiée par Rolla McVaugh en 1963 dans Fieldiana, Bot. 29 : 501, à partir du basionyme Psidium dubium Kunth, 1823. La graphie (H.B.K.) Mc Vaugh, fréquente dans la littérature hispanophone, désigne la même espèce.

Myrciaria dubia (Kunth) McVaugh est un arbuste de la famille des myrtacées qui atteint quatre mètres de haut et se ramifie depuis la base en plusieurs tiges secondaires. Il pousse sur les berges inondables d'Amazonie occidentale, où il reste couvert par l'eau jusqu'à cinq mois par an. Son fruit, une baie de 2 à 4 cm de diamètre, vire du rouge sombre au noir pourpré à maturité et pèse 8,4 g en moyenne (Villachica H., El Cultivo del Camu-Camu en la Amazonía Peruana, Secrétariat pro tempore du Traité de coopération amazonienne, Lima, avril 1996).

Le nom accepté par les jardins botaniques royaux de Kew associe le genre Myrciaria à l'épithète dubia. Rolla McVaugh a publié cette combinaison en 1963 dans Fieldiana, Bot. 29 : 501. Le basionyme est plus ancien : Psidium dubium Kunth, 1823. Cinq synonymes circulent encore dans la littérature ancienne, dont Myrciaria paraensis O. Berg et Myrciaria divaricata (Benth.) O. Berg (Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens, Kew).

Un nom, deux graphies, une seule plante

Beaucoup de pages françaises écrivent Myrciaria dubia (H.B.K.) Mc Vaugh. L'abréviation H.B.K. renvoie à Humboldt, Bonpland et Kunth, coauteurs de la flore où l'espèce a paru sous le genre Psidium. Kew retient la forme (Kunth) McVaugh, qui attribue le basionyme au seul Kunth.

Les deux graphies désignent la même plante. Une bibliographie qui mélange les deux sans le dire donne au lecteur l'impression de deux espèces distinctes, et c'est une confusion fréquente sur les pages de vente.

Le port, la feuille, la fleur

Villachica décrit des tiges cylindriques et lisses, brun clair ou rougeâtres, dont l'écorce se détache seule. Les feuilles vont d'ovales-elliptiques à lancéolées. Leur longueur varie de 4,5 à 12,0 cm, leur largeur de 1,5 à 4,5 cm.

Les fleurs se présentent par quatre, subsessiles, avec quatre pétales blancs de 3 à 4 mm de long. Le fruit porte une à quatre graines, deux à trois restant le cas le plus courant.

Ces dimensions varient d'un peuplement à l'autre. Kew classe l'espèce comme arbuste ou arbre du biome tropical humide, ce qui laisse la porte ouverte à des ports plus hauts que les quatre mètres relevés par Villachica sur les berges péruviennes.

Une plante qui vit les pieds dans l'eau

Le trait qui distingue l'espèce tient à sa tolérance à l'inondation. Villachica rapporte des individus couverts par l'eau jusqu'à cinq mois, sur les berges des fleuves, des cochas et des cours d'eau mineurs, dans la plaine d'inondation des rivières et des lagunes.

Les sols de ces berges sont acides et de faible fertilité. La plante ne tire donc pas sa croissance d'un sol riche. Elle vit du dépôt d'alluvions que la crue renouvelle et du retrait qui suit.

Ce régime commande la conduite de culture autant que la cueillette. Une plantation installée hors zone inondable ne reproduit pas ce cycle, et l'Institut de recherche de l'Amazonie péruvienne a consacré un ouvrage entier à cet écart entre peuplements naturels et plantations (Pinedo Panduro M. et al., IIAP, 2011, ISBN 978-612-00-0568-2).

Où se trouvent les peuplements naturels

Kew donne une aire native qui couvre la Bolivie, le nord et le centre-ouest du Brésil, la Colombie, l'Équateur, le Guyana, le Pérou et le Venezuela.

Au Pérou, Villachica situe les peuplements le long de l'Ucayali, de l'Amazone et de leurs affluents, entre les localités de Pucallpa et de Pebas. Il nomme douze cours d'eau : Ucayali, Tapiche, Yarapa, Tahuayo, Nanay, Itaya, Marañón, Samiria, Ampiyacu, Apayacu, Oroza et Napo.

Cette liste dessine une aire de récolte, pas une aire de culture. Les deux se recoupent en partie, et la différence pèse sur la traçabilité d'un lot.

Le calendrier de la plante

Floraison en septembre et octobre. Fructification entre décembre et février, décembre et mars selon les zones (Villachica, 1996). La source donne les mois, pas les hauteurs d'eau, et le calendrier de crue varie d'un affluent à l'autre.

En culture, Rodrigues et ses coauteurs rapportent des rendements de 12 à 20 tonnes par hectare et par an au Pérou et au Brésil (Fruits, 2001, DOI 10.1051/fruits:2001135). L'écart entre les deux bornes tient au clone, au sol et à l'âge de la plantation.

Ce que la botanique ne tranche pas

Le camu camu figure à l'annexe de la loi péruvienne n° 28477 du 22 mars 2005, qui déclare les cultures et élevages natifs patrimoine naturel de la nation. La maca y figure aussi, au dix-huitième rang des cultures natives.

Ce classement protège une espèce, pas la qualité d'un lot. La teneur en vitamine C du fruit, sujet qui a porté l'espèce jusqu'aux revues scientifiques (Rodrigues et al., Fruits, 2001, DOI 10.1051/fruits:2001135), varie avec la maturité, l'origine et le procédé de séchage. Un chiffre de teneur se sert avec sa source ou ne se sert pas : cette page n'en avance aucun et renvoie à la fiche qui traite ce sujet.

Ce qui se joue après la berge

La botanique de Myrciaria dubia tient en quelques dimensions et en un régime de crue. Elle explique où la plante pousse, quand elle fleurit et pourquoi la récolte suit l'eau. Elle n'explique pas ce qui arrive à la baie entre la berge et la poudre, ni pourquoi deux lots récoltés sur le même fleuve donnent deux analyses différentes. Ce sujet appartient au séchage et à la traçabilité, et il se traite ailleurs dans ce cocon.

Le rythme des cruesLa cueillette sur l'eauDu fleuve au flaconLes sols d'origine de nos plantesLe camu camu d'AmazonieNotre camu camu

Questions fréquentes

Vos questions : Myrciaria dubia

*Myrciaria dubia* (Kunth) McVaugh, famille des myrtacées. La combinaison a été publiée par Rolla McVaugh en 1963 dans *Fieldiana, Bot.* 29 : 501, à partir du basionyme *Psidium dubium* Kunth, 1823. La graphie (H.B.K.) Mc Vaugh, fréquente dans la littérature hispanophone, désigne la même espèce.

Jusqu'à quatre mètres de haut selon Villachica, avec une ramification depuis la base qui forme plusieurs tiges secondaires. Kew classe l'espèce comme arbuste ou arbre, ce qui autorise des ports plus élevés hors des berges péruviennes décrites par Villachica.

Jusqu'à cinq mois par an pour les individus des berges inondables, d'après Villachica (Traité de coopération amazonienne, 1996). Les sols concernés sont acides et de faible fertilité, et la plante vit des alluvions déposées par la crue.

Son aire native couvre la Bolivie, le nord et le centre-ouest du Brésil, la Colombie, l'Équateur, le Guyana, le Pérou et le Venezuela (*Plants of the World Online*, Kew). Au Pérou, les peuplements suivent l'Ucayali, l'Amazone et leurs affluents entre Pucallpa et Pebas, sur douze cours d'eau nommés par Villachica.

La floraison tombe en septembre et octobre, la fructification entre décembre et février, décembre et mars selon les zones (Villachica, 1996). Le calendrier de crue varie d'un affluent à l'autre, donc la fenêtre de récolte se décale d'un bassin à l'autre.

Il figure à l'annexe de la loi n° 28477 du 22 mars 2005, qui déclare les cultures natives, les élevages natifs et les espèces sauvages exploitées patrimoine naturel de la nation. Le texte porte sur l'espèce et sur l'accès aux ressources génétiques, pas sur la qualité d'un lot commercial.

Offre lecteurs

Recevez -15% sur votre première commande

Un code promo vous attend par email. Pour découvrir MACA³, CAMU² ou GATO³.

Pas de spam. Désabonnement en un clic.

CAMU²

Découvrir BOTANINCA

CAMU²

Force Amazonienne : Vitamine C naturelle

Voir le produit →

Mis à jour le 18 septembre 2026