Myrciaria dubia : la botanique de l'arbuste camu camu
Un arbuste de myrtacée haut de 4 m qui vit sur les berges inondables d'Amazonie. Nom, port, feuille, fruit, habitat et calendrier.

Une baie mesure 2 à 4 cm et pèse 8,4 g en moyenne, d'après les relevés de Villachica sur les berges péruviennes (El Cultivo del Camu-Camu, Lima, 1996). Ce poids porte sur le fruit entier, graines comprises, alors que les teneurs publiées en vitamine C se rapportent à 100 g de pulpe.
Myrciaria dubia (Kunth) McVaugh est un arbuste de la famille des myrtacées qui atteint quatre mètres de haut et se ramifie depuis la base en plusieurs tiges secondaires. Il pousse sur les berges inondables d'Amazonie occidentale, où il reste couvert par l'eau jusqu'à cinq mois par an. Son fruit, une baie de 2 à 4 cm de diamètre, vire du rouge sombre au noir pourpré à maturité et pèse 8,4 g en moyenne (Villachica H., El Cultivo del Camu-Camu en la Amazonía Peruana, Secrétariat pro tempore du Traité de coopération amazonienne, Lima, avril 1996).
Le nom accepté par les jardins botaniques royaux de Kew associe le genre Myrciaria à l'épithète dubia. Rolla McVaugh a publié cette combinaison en 1963 dans Fieldiana, Bot. 29 : 501. Le basionyme est plus ancien : Psidium dubium Kunth, 1823. Cinq synonymes circulent encore dans la littérature ancienne, dont Myrciaria paraensis O. Berg et Myrciaria divaricata (Benth.) O. Berg (Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens, Kew).
Un nom, deux graphies, une seule plante
Beaucoup de pages françaises écrivent Myrciaria dubia (H.B.K.) Mc Vaugh. L'abréviation H.B.K. renvoie à Humboldt, Bonpland et Kunth, coauteurs de la flore où l'espèce a paru sous le genre Psidium. Kew retient la forme (Kunth) McVaugh, qui attribue le basionyme au seul Kunth.
Les deux graphies désignent la même plante. Une bibliographie qui mélange les deux sans le dire donne au lecteur l'impression de deux espèces distinctes, et c'est une confusion fréquente sur les pages de vente.
Le port, la feuille, la fleur
Villachica décrit des tiges cylindriques et lisses, brun clair ou rougeâtres, dont l'écorce se détache seule. Les feuilles vont d'ovales-elliptiques à lancéolées. Leur longueur varie de 4,5 à 12,0 cm, leur largeur de 1,5 à 4,5 cm.
Les fleurs se présentent par quatre, subsessiles, avec quatre pétales blancs de 3 à 4 mm de long. Le fruit porte une à quatre graines, deux à trois restant le cas le plus courant.
Ces dimensions varient d'un peuplement à l'autre. Kew classe l'espèce comme arbuste ou arbre du biome tropical humide, ce qui laisse la porte ouverte à des ports plus hauts que les quatre mètres relevés par Villachica sur les berges péruviennes.
Une plante qui vit les pieds dans l'eau
Le trait qui distingue l'espèce tient à sa tolérance à l'inondation. Villachica rapporte des individus couverts par l'eau jusqu'à cinq mois, sur les berges des fleuves, des cochas et des cours d'eau mineurs, dans la plaine d'inondation des rivières et des lagunes.
Les sols de ces berges sont acides et de faible fertilité. La plante ne tire donc pas sa croissance d'un sol riche. Elle vit du dépôt d'alluvions que la crue renouvelle et du retrait qui suit.
Ce régime commande la conduite de culture autant que la cueillette. Une plantation installée hors zone inondable ne reproduit pas ce cycle, et l'Institut de recherche de l'Amazonie péruvienne a consacré un ouvrage entier à cet écart entre peuplements naturels et plantations (Pinedo Panduro M. et al., IIAP, 2011, ISBN 978-612-00-0568-2).
Où se trouvent les peuplements naturels
Kew donne une aire native qui couvre la Bolivie, le nord et le centre-ouest du Brésil, la Colombie, l'Équateur, le Guyana, le Pérou et le Venezuela.
Au Pérou, Villachica situe les peuplements le long de l'Ucayali, de l'Amazone et de leurs affluents, entre les localités de Pucallpa et de Pebas. Il nomme douze cours d'eau : Ucayali, Tapiche, Yarapa, Tahuayo, Nanay, Itaya, Marañón, Samiria, Ampiyacu, Apayacu, Oroza et Napo.
Cette liste dessine une aire de récolte, pas une aire de culture. Les deux se recoupent en partie, et la différence pèse sur la traçabilité d'un lot.
Le calendrier de la plante
Floraison en septembre et octobre. Fructification entre décembre et février, décembre et mars selon les zones (Villachica, 1996). La source donne les mois, pas les hauteurs d'eau, et le calendrier de crue varie d'un affluent à l'autre.
En culture, Rodrigues et ses coauteurs rapportent des rendements de 12 à 20 tonnes par hectare et par an au Pérou et au Brésil (Fruits, 2001, DOI 10.1051/fruits:2001135). L'écart entre les deux bornes tient au clone, au sol et à l'âge de la plantation.
Ce que la botanique ne tranche pas
Le camu camu figure à l'annexe de la loi péruvienne n° 28477 du 22 mars 2005, qui déclare les cultures et élevages natifs patrimoine naturel de la nation. La maca y figure aussi, au dix-huitième rang des cultures natives.
Ce classement protège une espèce, pas la qualité d'un lot. La teneur en vitamine C du fruit, sujet qui a porté l'espèce jusqu'aux revues scientifiques (Rodrigues et al., Fruits, 2001, DOI 10.1051/fruits:2001135), varie avec la maturité, l'origine et le procédé de séchage. Un chiffre de teneur se sert avec sa source ou ne se sert pas : cette page n'en avance aucun et renvoie à la fiche qui traite ce sujet.
Ce qui se joue après la berge
La botanique de Myrciaria dubia tient en quelques dimensions et en un régime de crue. Elle explique où la plante pousse, quand elle fleurit et pourquoi la récolte suit l'eau. Elle n'explique pas ce qui arrive à la baie entre la berge et la poudre, ni pourquoi deux lots récoltés sur le même fleuve donnent deux analyses différentes. Ce sujet appartient au séchage et à la traçabilité, et il se traite ailleurs dans ce cocon.
→ Le rythme des crues → La cueillette sur l'eau → Du fleuve au flacon → Les sols d'origine de nos plantes → Le camu camu d'Amazonie → Notre camu camu
Questions fréquentes
Vos questions : Myrciaria dubia
Une baie mesure 2 à 4 cm et pèse 8,4 g en moyenne, d'après les relevés de Villachica sur les berges péruviennes (El Cultivo del Camu-Camu, Lima, 1996). Ce poids porte sur le fruit entier, graines comprises, alors que les teneurs publiées en vitamine C se rapportent à 100 g de pulpe. Multiplier l'un par l'autre produit donc un chiffre par fruit qui ne figure dans aucune source.
Les deux noms désignent la même plante, et l'un est l'ancien nom de l'autre. Kunth a décrit l'espèce sous Psidium dubium en 1823, puis McVaugh a transféré ce basionyme dans le genre Myrciaria en 1963, combinaison que Kew retient comme nom accepté. Une étiquette ou une bibliographie qui porte encore un synonyme ancien signale une source datée, pas une autre plante.
Les deux, selon l'endroit où on le mesure. Villachica relève quatre mètres sur les berges péruviennes, avec plusieurs tiges parties de la base, tandis que Kew le range parmi les arbustes ou les arbres du biome tropical humide. La famille des myrtacées réunit des ports très éloignés, du giroflier à l'eucalyptus, donc le rang botanique ne dit rien de la taille adulte.
Une baie cueillie en peuplement naturel se rattache à un fleuve et à un point de débarquement, pas à une parcelle. Villachica place les peuplements péruviens entre Pucallpa et Pebas, le long de douze cours d'eau de l'Ucayali et de l'Amazone. Une traçabilité de cueillette documente donc une zone et une date de collecte, là où une plantation documente une parcelle, et les deux ne se lisent pas au même grain.
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Mis à jour le 18 septembre 2026
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