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Camu CamuPar Lionel Jean-Marie · 16 juin 2026 · 5 min de lecture

Camu camu : doses utilisées dans les essais publiés

Inoue 2008, Akter 2011 et autres protocoles : apports en vitamine C et durées des essais, compte-rendu, sans posologie produit.

Quatre baies rouges, trois capsules ambrées et une cuillère en bois remplie de poudre orange sur un fond beige.

Trois essais humains publiés donnent des doses chiffrées. Inoue et al. (2008, PMID 18922386) : 70 mL de jus, soit 1 050 mg de vitamine C, sur 7 jours chez 20 fumeurs. Agrinier et al. (2024, PMID 39168095) : 1,5 g d'extrait en capsules sur 12 semaines chez 30 adultes.

Quand on cherche « quelle dose de camu camu prendre », on tombe sur des chiffres tirés d'essais scientifiques. Il faut les lire pour ce qu'ils sont : des doses utilisées dans des protocoles de recherche, mesurées dans un cadre précis, et non des recommandations santé ni la preuve d'un bénéfice. Cet article fait le point, en compte-rendu, sur ce que les travaux publiés ont testé. Pour le panorama général du nutriment : vitamine C et camu camu.

Pourquoi une dose d'étude n'est pas une posologie

Un essai clinique choisit une dose pour des raisons méthodologiques : quantité de vitamine C visée, format disponible (jus, poudre, extrait), durée d'observation, profil des participants. Ce choix ne vaut ni validation d'efficacité ni recommandation transposable au grand public. En droit européen, un complément alimentaire ne peut revendiquer un bénéfice lié à la vitamine C que si le produit fini en apporte une quantité significative et déclarée, indépendamment de ce qu'un laboratoire a testé par ailleurs.

Autrement dit, lire « X mg de camu camu dans une étude » ne dit rien de ce que vous devriez prendre ni de ce que le fruit ferait. C'est une donnée de protocole.

Les essais publiés, résumés dans un tableau

La littérature sur le camu camu (Myrciaria dubia) reste limitée et exploratoire : petits effectifs, durées courtes, protocoles hétérogènes. Voici les principaux essais chez l'humain et un modèle animal souvent cité.

AuteursAnnéePMIDEffectifDoseDuréeFormeCritères mesurés
Inoue et al.20081892238620 fumeurs (10 + 10)70 mL jus = 1 050 mg vit. C/j7 joursJus 100 %Stress oxydatif, inflammation (8-OHdG, CRP, IL-6, IL-8)
Langley et al.2015-Petit effectif, fumeursJus de camu camuCourte duréeJusMarqueurs de stress oxydatif
Agrinier et al.20243916809530 adultes (surpoids, hypertriglycéridémie)1,5 g extrait/j12 semainesCapsulesStéatose hépatique, transaminases, microbiote
Anhê et al.201930064988Souris (modèle murin)Extrait de camu camuVariableExtraitPoids, tolérance au glucose, microbiote

Le point commun de ces publications : les auteurs eux-mêmes décrivent des résultats préliminaires, non concluants, appelant des essais plus larges. Aucun de ces travaux ne permet d'affirmer que le camu camu traite, prévient ou soulage une maladie.

Ce que chaque essai a mesuré

Inoue et al. (2008) ont réparti 20 fumeurs masculins en deux groupes de 10 : l'un recevait 70 mL de jus de camu camu par jour (apportant 1 050 mg de vitamine C), l'autre des comprimés de vitamine C à dose identique, pendant 7 jours (Journal of Cardiology, PMID 18922386). Les marqueurs de stress oxydatif et d'inflammation ont baissé dans le groupe jus, pas dans le groupe comprimés. Les auteurs suggèrent un rôle des composés au-delà de la vitamine C seule. Mais l'effectif est très petit, la durée très courte, et la population (fumeurs masculins) très spécifique. Rien ne se généralise.

Agrinier et al. (2024) ont conduit un essai randomisé contrôlé en double aveugle et en cross-over sur 30 adultes en surpoids avec hypertriglycéridémie (Cell Reports Medicine, PMID 39168095). La dose était de 1,5 g d'extrait de camu camu en capsules par jour pendant 12 semaines. Les critères mesurés portaient sur la stéatose hépatique (graisse du foie), les transaminases hépatiques (ASAT, ALAT) et le microbiote intestinal. Les résultats montrent une baisse de la graisse hépatique et des marqueurs de lésion du foie par rapport au placebo. C'est l'essai le plus robuste à ce jour en termes de design, mais il porte sur 30 personnes avec un profil métabolique précis.

Anhê et al. (2019) ont travaillé sur un modèle murin : des souris nourries avec un régime riche en graisses et en sucres, recevant un extrait de camu camu (Gut, PMID 30064988). Les résultats (moindre prise de poids, modifications du microbiote) sont solides chez la souris. Ils ne constituent pas une dose humaine et ne se transposent pas directement : la physiologie digestive et le métabolisme diffèrent entre les espèces. Citer cette étude pour fixer un dosage humain serait un contresens.

Le vrai repère : la vitamine C apportée par portion

Plutôt que de raisonner en milligrammes de camu camu (une donnée qui ne veut pas dire grand-chose sans dosage), le repère pertinent est la teneur en vitamine C effectivement apportée, mesurée par HPLC. Le camu camu contient de 2 800 à 3 000 mg de vitamine C pour 100 g de fruit frais (Maqsood et al., Food Science & Nutrition, 2025, PMID 40417739). Mais cette teneur varie selon les lots, la maturité et le séchage.

Pour comprendre ce que la teneur déclarée implique, voir quels critères pour un camu camu de qualité.

Poudre, gélules, jus : comparer ce qui est comparable

Les formats testés dans la recherche ne sont pas interchangeables. Un jus, une poudre ou des gélules n'apportent pas la même quantité de vitamine C à volume égal, et la vitamine C est thermosensible : un procédé chauffé peut en dégrader une partie. Pour choisir en connaissance de cause, mieux vaut comparer les teneurs déclarées que les grammes bruts.

Quant aux polyphénols et anthocyanes naturellement présents dans le fruit, la recherche qui les concerne reste exploratoire : on ne peut pas la présenter comme la démonstration d'un bénéfice. Ce sont des composés du fruit, décrits comme tels.

Précautions

Les doses citées dans les études sont des paramètres de recherche, pas des posologies à reproduire chez soi. Un complément alimentaire n'est pas un médicament : il ne remplace ni une alimentation variée ni un mode de vie sain, et ne se substitue à aucun traitement. Respectez la dose conseillée sur le produit. En cas de grossesse, d'allaitement, de traitement en cours, de calculs rénaux ou de toute pathologie, demandez un avis médical avant une supplémentation en vitamine C concentrée. Pour les précautions et effets indésirables connus, consultez un professionnel.

→ CAMU² : voir la fiche produit

Sources : Règlement (UE) 432/2012 (fonctions autorisées de la vitamine C). Inoue T et al., Journal of Cardiology, 2008, PMID 18922386 (20 fumeurs, 70 mL jus, 1 050 mg vit. C/j, 7 jours). Agrinier AL et al., Cell Reports Medicine, 2024, PMID 39168095 (30 adultes, 1,5 g extrait/j, 12 semaines, essai randomisé cross-over). Anhê FF et al., Gut, 2019, PMID 30064988 (modèle murin, microbiote et métabolisme). Maqsood S et al., Food Science & Nutrition, 2025, PMID 40417739 (composition du camu camu). Langley PC et al., J Altern Complement Med, 2015. Justi KC et al., Archivos Latinoamericanos de Nutrición, 2000. Table Ciqual (ANSES)

→ le guide du camu camu, de l'origine au choix du produit

Questions fréquentes

Vos questions : Camu camu

Trois essais humains publiés donnent des doses chiffrées. Inoue et al. (2008, PMID 18922386) : 70 mL de jus, soit 1 050 mg de vitamine C, sur 7 jours chez 20 fumeurs. Agrinier et al. (2024, PMID 39168095) : 1,5 g d'extrait en capsules sur 12 semaines chez 30 adultes.

Une dose choisie pour un protocole scientifique n'est ni une recommandation santé ni une preuve d'efficacité. Les essais testent une hypothèse dans un cadre contrôlé. Le repère qui vous concerne est la dose conseillée sur le produit et la teneur en vitamine C déclarée par portion.

La recherche reste exploratoire et ne permet aucune conclusion clinique. Aucun essai n'a démontré un effet thérapeutique propre au camu camu. Les seules revendications licites portent sur les fonctions reconnues de la vitamine C comme nutriment (règlement UE 432/2012), et encore faut-il que le produit apporte au moins 200 mg/jour pour s'en prévaloir.

Le repère pertinent est la teneur apportée par portion, mesurée par HPLC et déclarée sur l'étiquette. Un poids de poudre ne dit rien sans cette information, car la teneur varie entre 2 800 et 3 000 mg pour 100 g de fruit frais selon les lots et les conditions de récolte.

Des travaux ont exploré les polyphénols et anthocyanes du fruit, mais ces données restent exploratoires, souvent in vitro ou sur l'animal. On ne peut pas en tirer de bénéfice santé : ce sont des composés naturellement présents, décrits comme tels.

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Mis à jour le 16 juin 2026