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Griffe de ChatPar Lionel Jean-Marie · 16 juin 2026 · 5 min de lecture

Reishi et griffe de chat : deux corpus d'essais comparés

Deux plantes que le marché présente comme immunomodulatrices, et deux corpus d'essais distincts. Ce que chacun porte.

Un tas de bâtons d'écorce fibreuse à gauche et un champignon plat brun rouge à droite, posés sur un bois sombre.

Les travaux sur le reishi et la griffe de chat portent sur des familles de composés différentes et des voies cellulaires séparées. Les polysaccharides du reishi, en particulier les bêta-glucanes, font l'objet de la majorite des études immunologiques.

Le reishi (Ganoderma lucidum) et la griffe de chat (Uncaria tomentosa) figurent parmi les plantes les plus citées dans la littérature sur la réponse immunitaire. Les deux font l'objet de recherches actives. Leurs corpus d'essais, leurs mécanismes étudiés et leurs contre-indications ne se recoupent pas. Cet article compare ce que la littérature rapporte sur chacune.

BOTANINCA ne vend pas de reishi. Cette page reste bibliographique.

Ce contenu ne constitue ni un protocole thérapeutique ni une recommandation de prise.

Mécanismes étudiés : deux voies distinctes

Les travaux sur le reishi et la griffe de chat portent sur des familles de composés différentes et des voies cellulaires séparées.

Reishi : polysaccharides et bêta-glucanes

Les polysaccharides du reishi, en particulier les bêta-glucanes, font l'objet de la majorite des études immunologiques. Xu et Li (Journal of Ethnopharmacology, 2005) décrivent les mécanismes cellulaires et moléculaires de l'immunomodulation par Ganoderma lucidum : activation des macrophages, des cellules NK et des lymphocytes B via le récepteur Dectin-1. Wang et Lin (Frontiers in Pharmacology, 2019) complètent ce tableau dans une revue qui couvre aussi l'effet sur les cellules dendritiques. Les triterpénoïdes (acides ganodériques) constituent un second axe d'étude, avec des propriétés anti-inflammatoires documentées in vitro.

Le corpus est large mais reste dominé par des modèles in vitro et animaux. Les essais humains sont peu nombreux et concentrés sur un contexte particulier : l'oncologie.

Griffe de chat : alcaloïdes oxindoliques et voie NF-kappaB

Les recherches sur Uncaria tomentosa s'organisent autour de deux familles de composés : les alcaloïdes oxindoliques (isoptéropodine, mitraphylline) et les polyphénols (catéchines, proanthocyanidines).

Sandoval et al. (Free Radical Biology and Medicine, 2000) ont étudié in vitro une décoction d'écorce sur des macrophages murins RAW 264.7. Ils rapportent une augmentation de la phagocytose et une inhibition de la production de TNF-alpha. Ce travail porte sur des cellules murines, pas sur des cellules humaines.

Arado et al. (Frontiers in Pharmacology, 2024) ont publié une méta-analyse de 24 études in vivo. Les résultats montrent une baisse significative de l'IL-6 et de l'activité NF-kappaB, mais pas d'effet significatif sur le TNF-alpha. Cette méta-analyse rassemble des modèles animaux, pas des essais humains.

Le guide complet sur la griffe de chat detaille ces mécanismes : griffe de chat : guide complet.

Données cliniques : deux corpus de niveaux différents

Reishi : une revue Cochrane, cinq essais

Jin et al. (Cochrane Database of Systematic Reviews, 2016) ont analysé 5 essais contrôlés randomisés (ECR) totalisant 373 participants, tous dans un contexte oncologique. La conclusion : les preuves sont insuffisantes pour recommander le reishi en première ligne dans le traitement du cancer, mais certains patients sous chimiothérapie ont montré une amélioration de la réponse immunitaire (augmentation des populations de lymphocytes CD3, CD4, CD8). Les auteurs soulignent la petite taille des échantillons et le risque de biais.

Aucun ECR publié ne porte sur le reishi et l'immunité chez des sujets sains.

Griffe de chat : un essai humain sur l'immunité

Lamm et al. (Phytomedicine, 2001, PMID 11515716) ont conduit le seul essai humain publié portant sur la griffe de chat et la réponse immunitaire. Le protocole : C-Med-100 (un extrait aqueux standardisé), 700 mg/j pendant 2 mois, sur des volontaires masculins. L'essai rapporte une augmentation du ratio lymphocytes/neutrophiles. Il s'agit d'une étude d'intervention contre témoins non traités, pas d'un essai randomisé contre placebo.

Pour le détail des données immunitaires de la griffe de chat : griffe de chat et immunité.

Comparaison des niveaux de preuve

CritèreReishiGriffe de chat
Essais humains sur l'immunité5 ECR, 373 patients (oncologie)1 essai, volontaires sains
Revue systématiqueCochrane (Jin 2016)Méta-analyse in vivo (Arado 2024)
Modèles prédominantsIn vitro + animal + cliniqueIn vitro + animal
Population étudiéePatients sous chimiothérapieVolontaires masculins (Lamm 2001)
Allégations EFSA autoriséesAucuneAucune

Les deux corpus restent à un niveau de preuve modéré. Le reishi dispose de plus d'essais contrôlés, mais tous en oncologie. La griffe de chat a un seul essai humain sur l'immunité, avec un design moins rigoureux (pas de placebo).

Contre-indications : similaires mais pas identiques

Reishi :

  • Anticoagulants : inhibition plaquettaire documentée, précaution sous warfarine
  • Chirurgie proche : arrêt recommandé 2 semaines avant
  • Hépatotoxicité : cas rapportés à haute dose
  • Grossesse : données insuffisantes

Griffe de chat :

  • Maladies auto-immunes : contre-indication absolue
  • Immunosuppresseurs post-greffe : contre-indication absolue
  • Anticoagulants : précaution
  • Grossesse : contre-indiquée (propriétés utérotoniques rapportées)

La différence principale : la griffe de chat est contre-indiquée dans les maladies auto-immunes. Le reishi ne porte pas cette contre-indication formelle, mais par précaution, la même prudence s'applique à toute plante étudiée sur la réponse immunitaire. Le détail des contre-indications de la griffe de chat : contre-indications de la griffe de chat.

Conclusion : deux approches non interchangeables

Le reishi et la griffe de chat sont étudiés sur le terrain immunitaire, mais leurs mécanismes, leurs populations étudiées et leurs profils de sécurité diffèrent. Les bêta-glucanes du reishi ciblent les cellules dendritiques et les NK. Les alcaloïdes de la griffe de chat agissent sur d'autres voies (NF-kappaB, phagocytose macrophagique). Aucune donnée publiée ne documente leur association.

Aucune des deux plantes ne dispose d'une allégation de santé autorisée par l'EFSA sur l'immunité. Les recherches sont actives, pas conclusives.

En cas de traitement en cours, de maladie auto-immune ou de tout doute, consultez votre médecin avant toute supplémentation.

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→ Griffe de chat : les bases

Sources : Lamm S et al., Phytomedicine, 2001. Sandoval M et al., Free Radical Biology and Medicine, 2000. Arado GM et al., Frontiers in Pharmacology, 2024. Jin X et al., Cochrane Database of Systematic Reviews, 2016. Wang J, Lin ZB, Frontiers in Pharmacology, 2019. Xu Z, Li T, Journal of Ethnopharmacology, 2005

Questions fréquentes

Vos questions : Reishi et griffe de chat

Les travaux sur le reishi et la griffe de chat portent sur des familles de composés différentes et des voies cellulaires séparées. Les polysaccharides du reishi, en particulier les bêta-glucanes, font l'objet de la majorite des études immunologiques. Xu et Li (Journal of Ethnopharmacology, 2005) décrivent les mécanismes cellulaires et moléculaires de l'immunomodulation par Ganoderma lucidum : activation des macrophages, des cellules NK et des lymphocytes B via le récepteur Dectin-1.

Jin et al. (Cochrane Database of Systematic Reviews, 2016) ont analysé 5 essais contrôlés randomisés (ECR) totalisant 373 participants, tous dans un contexte oncologique. La conclusion : les preuves sont insuffisantes pour recommander le reishi en première ligne dans le traitement du cancer, mais certains patients sous chimiothérapie ont montré une amélioration de la réponse immunitaire (augmentation des populations de lymphocytes CD3, CD4, CD8). Les auteurs soulignent la petite taille des échantillons et le risque de biais.

La griffe de chat est contre-indiquée dans les maladies auto-immunes, sous immunosuppresseurs après une greffe, et pendant la grossesse. Le reishi ne porte pas de contre-indication auto-immune formelle, et une inhibition plaquettaire est décrite, ce qui demande une précaution sous anticoagulant et un arrêt avant une intervention chirurgicale. Ces deux profils ne se superposent pas, et c'est la contre-indication auto-immune qui les sépare. Toute association avec un traitement en cours relève de votre médecin.

Le reishi et la griffe de chat sont étudiés sur le terrain immunitaire, mais leurs mécanismes, leurs populations étudiées et leurs profils de sécurité diffèrent. Les bêta-glucanes du reishi ciblent les cellules dendritiques et les NK. Les alcaloïdes de la griffe de chat agissent sur d'autres voies (NF-kappaB, phagocytose macrophagique).

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Mis à jour le 2 octobre 2026