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Plantes adaptogènesPar Lionel Jean-Marie · 15 juin 2026 · 9 min de lecture

Safran et ménopause : essais publiés sur l'humeur

La ménopause mêle des symptômes physiques et des symptômes émotionnels. Ce que les essais sur le safran ont mesuré sur la seconde dimension.

Un tas de filaments rouges et trois morceaux séchés rouge sombre posés sur une pierre claire.

Le safran a quelques essais sur humeur en périménopause. Effectifs modestes, durées variables : état des preuves publiées et limites de généralisation.

La ménopause combine des symptômes physiques (bouffées de chaleur, troubles du sommeil, sécheresse vaginale) et des symptômes émotionnels (anxiété, irritabilité, humeur dépressive). Ces deux dimensions n'ont pas les mêmes plantes étudiées en essai clinique, et c'est ce qui rend la comparaison entre safran et maca intéressante sur le plan documentaire.

Cet article fait le point sur les essais cliniques publiés, sans allégation de santé sur aucune plante. BOTANINCA ne vend pas de safran : l'objectif est une lecture honnête de la littérature, pas une promotion.

Voir aussi les plantes adaptogènes : guide et essais.

En résumé

Le safran a fait l'objet de deux essais randomisés contre placebo sur les symptômes émotionnels de la ménopause (Kashani 2018, Lopresti 2021). La maca a été étudiée sur les symptômes physiques, notamment les bouffées de chaleur (Meissner 2006, Stojanovska 2015). Aucun essai n'a testé les deux plantes ensemble. Les effectifs restent modestes (29 à 168 participantes) et aucune conclusion définitive ne peut en être tirée.

Le safran sur les symptômes émotionnels de la ménopause

Deux essais cliniques randomisés, en double aveugle et contre placebo, ont étudié l'effet du safran sur l'humeur des femmes ménopausées ou en périménopause.

Kashani et al. 2018

Soixante femmes ménopausées présentant un trouble dépressif majeur associé à des bouffées de chaleur ont été randomisées entre safran (30 mg/jour d'extrait de stigmates, soit 15 mg deux fois par jour) et placebo, pendant six semaines.

Le groupe safran a montré une réduction significative du score HDRS (Hamilton Depression Rating Scale) et du score HFRDIS (Hot Flash-Related Daily Interference Scale) par rapport au placebo. L'essai, mené à Téhéran, a été publié dans Archives of Gynecology and Obstetrics (PMID 29332222).

Limites : l'effectif est modeste (60 participantes), la durée courte (6 semaines) et l'essai monocentrique. Le score HDRS est un outil validé mais dépendant de l'évaluation clinique, ce qui introduit une variabilité.

Lopresti et Smith 2021

Quatre-vingt-six femmes en périménopause ont reçu soit un extrait de safran (affron, 28 mg/jour, soit 14 mg deux fois par jour) soit un placebo pendant douze semaines. Les critères de jugement comprenaient le Greene Climacteric Scale (GCS), le PANAS (Positive and Negative Affect Schedule) et le SF-36.

Sur les 82 participantes ayant terminé l'étude, le groupe safran a présenté une réduction de 33 % des scores d'anxiété (contre 11 % pour le placebo) et de 32 % des scores de dépression (contre 13 % pour le placebo). L'essai a été publié dans le Journal of Menopausal Medicine (PMID 34463070).

Limites : l'effectif reste modeste (82 analysées), et l'essai a été financé par le fabricant de l'extrait (Pharmactive Biotech). La dose (28 mg/jour) est inférieure à celle de l'essai Kashani (30 mg/jour), ce qui rend la comparaison directe entre les deux études délicate.

Mécanisme étudié : sérotonine et thermorégulation

La ménopause entraîne une chute des oestrogènes qui perturbe la signalisation sérotoninergique dans l'hypothalamus. Cette perturbation dérègle le thermostat hypothalamique et contribue aux bouffées de chaleur. Les antidépresseurs ISRS réduisent les bouffées de chaleur précisément parce qu'ils restaurent cette signalisation : c'est un effet secondaire favorable bien documenté dans la littérature médicale.

Le safran, via une action sur la recapture de sérotonine étudiée in vitro, pourrait produire un effet dans la même direction. C'est l'hypothèse avancée par les auteurs des deux essais pour expliquer l'action simultanée sur l'humeur et sur les bouffées de chaleur. Elle reste à ce stade une hypothèse, pas un fait établi.

Pour un panorama plus large des données cliniques sur le safran et l'humeur, l'article safran et humeur détaille le corpus complet.

La maca et la ménopause : les essais cliniques

La maca a été étudiée sur la ménopause dans un registre différent : bouffées de chaleur, fatigue, profil hormonal. Deux essais sont souvent cités.

Meissner et al. 2006

Cent soixante-huit femmes en début de postménopause (FSH > 30 UI/ml, oestradiol < 40 pg/ml) ont participé à un essai multicentrique, randomisé en double aveugle contre placebo. Les participantes ont pris 2 g/jour de maca prégélatinisée ou un placebo pendant trois à quatre mois.

L'essai a mesuré une réduction significative de la fréquence et de la sévérité des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes. Sur le plan hormonal, les auteurs ont observé une stimulation de la production d'oestradiol sans effet significatif sur la progestérone, avec une suppression simultanée de la FSH et de la LH. Publié dans l'International Journal of Biomedical Science (PMID 23675005).

Limites : bien que l'effectif soit relativement important pour ce type d'essai (168 participantes), les résultats hormonaux n'ont pas été répliqués par les essais ultérieurs, notamment celui de Stojanovska ci-dessous.

Stojanovska et al. 2015

Vingt-neuf femmes ménopausées ont participé à un essai croisé (crossover) randomisé en double aveugle. Elles ont pris 3,5 g/jour de maca ou un placebo. L'essai a été publié dans Climacteric (PMID 24931003).

Les auteurs ont observé une baisse de la pression artérielle et une réduction des scores de dépression. En revanche, contrairement à l'essai Meissner, aucune modification significative des taux hormonaux n'a été observée. L'article maca et ménopause détaille ces résultats.

Limites : l'effectif est très modeste (29 participantes). L'absence de modification hormonale, en contradiction avec Meissner 2006, laisse la question du mécanisme ouverte.

Safran et maca : deux angles documentés

La comparaison est documentaire, pas clinique. Aucun essai n'a testé les deux plantes ensemble. Le tableau ci-dessous résume les données des quatre essais cités.

MacaSafran
Mécanisme étudiéHypothalamique (macamides étudiés in vitro)Sérotoninergique (in vitro)
Symptômes physiques étudiésBouffées de chaleur, sueurs nocturnes, fatigueBouffées de chaleur (secondaire)
Symptômes émotionnels étudiésDépression (Stojanovska)Anxiété, dépression, irritabilité
Essais sur la ménopauseMeissner 2006, Stojanovska 2015Kashani 2018, Lopresti 2021
Effectifs cumulés197 participantes142 participantes
Modification hormonaleDivergente (oui Meissner, non Stojanovska)Pas de modification mesurée

Pour les femmes en ménopause avec des symptômes à la fois physiques et émotionnels, les deux plantes couvrent des terrains distincts dans la littérature. BOTANINCA ne vend pas de safran, et cette complémentarité reste hypothétique en l'absence d'essai combiné.

L'article safran vs maca pour l'humeur approfondit la comparaison hors du contexte spécifique de la ménopause. Et pour les spécificités de la maca rouge, qui fait l'objet de recherches sur la prostate et l'os, un article dédié détaille les données.

Précautions

Le safran ne doit pas être associé aux ISRS ou aux antidépresseurs sans avis médical. Le mécanisme sérotoninergique du safran, bien qu'étudié in vitro et non validé chez l'humain à dose alimentaire, crée un risque théorique de syndrome sérotoninergique en association.

Pour les femmes sous traitement hormonal de substitution, consulter son gynécologue avant d'introduire du safran. Les interactions avec les oestrogènes exogènes ne sont pas documentées dans les essais publiés.

La dose étudiée dans les essais se situe entre 28 et 30 mg/jour d'extrait standardisé. Au-delà de 200 mg/jour de stigmates de safran, des effets indésirables (nausées, vertiges) ont été rapportés dans la littérature.

Pour toute décision liée au traitement de la ménopause, le médecin ou le gynécologue reste l'interlocuteur. Aucune plante ne remplace un traitement médicamenteux quand il est indiqué.

Pour aller plus loin

MACA³, trois écotypes andins dont maca rouge, bio Ecocert, 20 €.

Sources

Questions fréquentes

Vos questions : Safran et ménopause

La ménopause combine des symptômes physiques (bouffées de chaleur, troubles du sommeil, sécheresse vaginale) et des symptômes émotionnels (anxiété, irritabilité, dépression légère).

Kashani et al. (2018, Phytomedicine) - 66 femmes ménopausées avec dépression légère à modérée, randomisées entre safran (30 mg/jour d'extrait de stigmates) et fluoxétine (20 mg/jour) pendant 6 semaines. Les deux groupes ont montré une réduction similaire de la fréquence des bouffées de chaleur. L'essai n'a pas mesuré par quelle voie.

La ménopause entraîne une chute des œstrogènes, qui perturbent la signalisation sérotoninergique dans l'hypothalamus. Cette perturbation dérègle le thermostat hypothalamique, provoquant les bouffées de chaleur. Les antidépresseurs ISRS réduisent les bouffées de chaleur précisément parce qu'ils restaurent la signalisation sérotoninergique - c'est un effet secondaire favorable bien documenté.

Le safran ne doit pas être associé aux ISRS ou aux antidépresseurs sans avis médical. Pour les femmes sous traitement hormonal de substitution, consulter son gynécologue avant d'introduire du safran - les interactions avec les œstrogènes exogènes ne sont pas documentées. Pour les données sur la maca et la ménopause, l'article maca et ménopause traite les essais cliniques disponibles.

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Mis à jour le 2 octobre 2026