Maca et femme : ce que les études disent vraiment
Ménopause, désir sexuel, fertilité : selon le sujet, les données vont d'un essai prometteur à aucune mesure chez la femme. Cet article fait le tri.

Deux essais l'ont mesurée. Dording et al. (2015, PMID 25954318, 45 femmes) ne trouvent pas de différence significative. Gonzales et al. (2002, PMID 12472620) rapportent une amélioration chez des hommes.
La maca (Lepidium meyenii) intéresse les femmes pour plusieurs raisons : énergie, ménopause, libido, fertilité. Chaque sujet a ses données propres, et les données varient de « un essai prometteur » à « aucune mesure chez la femme ». Cet article fait le tri. La maca ne bénéficie d'aucune allégation de santé autorisée dans l'Union européenne (règlement CE 1924/2006).
Ce contenu ne valide pas un protocole thérapeutique ni une recommandation de prise produit.
Énergie et qualité de vie
Gonzales-Arimborgo et al. (Pharmaceuticals, 2016, PMID 27548190) ont suivi 175 participants, hommes et femmes, pendant 12 semaines sous maca ou placebo. Les critères portaient sur des questionnaires d'énergie et de qualité de vie autodéclarée. L'essai rapporte une amélioration des scores dans le groupe maca. Ce sont des mesures subjectives, pas des marqueurs biologiques.
La fatigue est multifactorielle. Une amélioration d'un score de qualité de vie ne localise pas la cause, ne mesure pas un mécanisme et ne prédit pas la durée de l'effet. Le dossier complet sur la maca pose l'ensemble des essais disponibles.
Ménopause : trois essais, des résultats divergents
Meissner et al. (International Journal of Biomedical Science, 2006, PMID 23675006)
Vingt-deux femmes en début de post-ménopause. Maca pré-gélatinisée pendant 4 mois. L'essai rapporte une hausse de l'œstradiol, une baisse de la FSH et une hausse des LDL (P < 0,05). L'essai déclare un soutien industriel lié au premier auteur.
Brooks et al. (Menopause, 2008, PMID 18784609)
Quatorze femmes post-ménopausées. Maca 3,5 g/jour pendant 6 semaines en plan croisé. L'essai rapporte une baisse des scores d'anxiété et de dépression (HARS, BDI) et des symptômes de dysfonction sexuelle. Petit effectif, durée courte, pas de mesure hormonale.
Stojanovska et al. (Climacteric, 2015, PMID 24931003)
Vingt-neuf femmes post-ménopausées à Hong Kong. Maca 3,3 g/jour pendant 12 semaines. L'essai ne relève aucune action hormonale. Une baisse significative de la pression artérielle diastolique et des scores de dépression est rapportée.
Les trois essais ont des populations, des préparations et des durées différentes. Sur les hormones, Meissner trouve un effet, Stojanovska n'en trouve aucun. La question reste ouverte. Pour le détail : maca et ménopause. Pour l'insuffisance ovarienne prématurée (avant 40 ans) : maca et IOP.
Libido et désir sexuel
Gonzales et al. (Andrologia, 2002, PMID 12472620)
Essai randomisé en double aveugle contre placebo, 57 hommes de 21 à 56 ans. L'essai rapporte une amélioration du désir sexuel autodéclaré à la 8e semaine, sans modification de la testostérone ni de l'œstradiol. Les participants sont majoritairement des hommes. Le résultat ne se transpose pas directement à la femme.
Dording et al. (Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine, 2015, PMID 25954318)
Quarante-cinq femmes avec dysfonction sexuelle sous antidépresseur (ISRS ou IRSN). Maca 3 g/jour pendant 12 semaines. Taux de rémission (ASEX inférieur ou égal à 10) : 9,5 % maca contre 4,8 % placebo. Différences entre groupes non significatives sur tous les critères. L'amélioration s'associe au statut post-ménopausique.
Les données sur la libido féminine restent limitées. Pour le détail des essais : maca et désir sexuel.
Dysfonction sexuelle sous antidépresseur
C'est le contexte le plus étudié chez la femme. La dysfonction sexuelle est un effet secondaire fréquent des ISRS et des IRSN (30 à 70 % des patients sous traitement au long cours). Deux essais ont testé la maca dans cette population.
Dording et al. (CNS Neuroscience and Therapeutics, 2008, PMID 18801111) : essai pilote, 20 patients (17 femmes), 12 semaines. Le groupe à 3 g/jour rapporte une amélioration des scores ASEX (P = 0,028). Limites majeures : 10 compléteurs, pas de placebo inerte.
Dording et al. (2015, PMID 25954318) : essai randomisé contre placebo, 45 femmes, 12 semaines. Différences non significatives sur tous les critères. L'amélioration s'associe au statut post-ménopausique.
Le premier essai est prometteur mais trop petit pour conclure. Le second, plus rigoureux, ne confirme pas. La question reste ouverte, notamment pour les femmes post-ménopausées sous antidépresseur.
Humeur et symptômes dépressifs
Brooks et al. (Menopause, 2008, PMID 18784609) rapportent une baisse des scores d'anxiété (HARS) et de dépression (BDI) chez 14 femmes post-ménopausées après 6 semaines de maca. Stojanovska et al. (Climacteric, 2015, PMID 24931003) rapportent une baisse des scores de dépression chez 29 femmes post-ménopausées.
Ces résultats portent sur des scores autodéclarés, pas sur des diagnostics cliniques. La maca n'est pas un antidépresseur. En présence de symptômes dépressifs caractérisés, la démarche est de consulter un professionnel de santé.
Pression artérielle
Stojanovska et al. (2015, PMID 24931003) rapportent aussi une baisse significative de la pression artérielle diastolique chez les femmes post-ménopausées. C'est un résultat isolé, sur un petit effectif, et il n'a pas été reproduit. Il ne constitue pas une indication.
Fertilité
Aucun essai contrôlé n'a mesuré la fertilité féminine comme critère principal ni secondaire. Les travaux de Gonzales portent sur la spermatogenèse masculine : Gonzales et al. (Journal of Endocrinology, 2003, PMID 12525260) rapportent une amélioration du volume séminal et de la motilité chez l'homme. Gonzales et al. (Asian Journal of Andrology, 2001, PMID 11753476) rapportent un résultat similaire sur 9 hommes à 4 mois.
Les résultats masculins ne se transposent pas à la femme. La fertilité féminine dépend de la réserve ovarienne, de l'ovulation et de la qualité de l'endomètre. Aucune de ces dimensions n'a été mesurée sous maca.
Pour les données sur la fertilité masculine : maca et fertilité.
Hormones : ce que les essais mesurent
Chez l'homme, la testostérone ne bouge pas sous maca (Gonzales 2002, PMID 12472620 ; Gonzales 2003, PMID 12525260). Les deux essais convergent : maca et testostérone.
Chez la femme, un seul essai (Meissner 2006, PMID 23675006) rapporte un effet sur l'œstradiol et la FSH. Un autre (Stojanovska 2015, PMID 24931003) ne trouve rien. Bogani et al. (Journal of Ethnopharmacology, 2006, PMID 16239088) ont testé in vitro si des extraits de maca se lient au récepteur aux androgènes humain : aucune activité androgénique. La maca ne contient ni hormones ni précurseurs hormonaux.
Les différences entre les deux sexes dans la réponse à la maca : maca homme-femme.
Poids et composition corporelle
Aucun essai contrôlé n'a mesuré le poids comme critère principal sous maca chez la femme. La maca n'est ni un coupe-faim ni un brûleur de graisses. Elle apporte des calories (glucides et fibres principalement). Un complément de 3 g/jour représente environ 10 kcal, donc sans impact mesurable sur le bilan énergétique. Pour les données disponibles : maca et poids.
Thyroïde
La maca contient des glucosinolates, composés présents dans toutes les Brassicaceae (chou, brocoli, navet). Les glucosinolates sont des goitrogènes potentiels en théorie : à forte dose et en l'absence d'iode suffisant, ils pourraient interférer avec la synthèse des hormones thyroïdiennes. Aucun cas clinique d'hypothyroïdie induite par la maca n'est publié. Par prudence, les personnes traitées pour un trouble thyroïdien consultent leur médecin avant supplémentation.
Peau et cheveux
Aucune donnée clinique ne soutient un effet de la maca sur la peau ou les cheveux. Les allégations de ce type, fréquentes en marketing, ne reposent sur aucun essai contrôlé. La composition nutritionnelle de la maca (protéines végétales, zinc à l'état de traces) ne la distingue pas d'autres aliments.
Contraception et interactions
La maca n'est pas un contraceptif. Aucune interaction avec la pilule contraceptive n'est documentée dans la littérature clinique. Aucun essai n'a mesuré cette question.
Les personnes sous traitement hormonal (THS, pilule, traitement thyroïdien) informent leur médecin de toute supplémentation. La transparence permet d'interpréter correctement les bilans biologiques.
Grossesse et allaitement
Par prudence, la maca est déconseillée pendant la grossesse et l'allaitement. Aucun essai n'a été mené chez la femme enceinte. L'usage traditionnel au Pérou ne constitue pas une preuve de sécurité clinique.
Écotypes et choix
Les trois écotypes (jaune, rouge, noire) ont des profils phytochimiques distincts. La maca noire est la plus étudiée sur la spermatogenèse et l'énergie. La maca rouge est la plus citée dans les travaux animaux sur la prostate. Le choix d'écotype ne repose sur aucun essai humain comparatif chez la femme. Gonzales et al. (Journal of Ethnopharmacology, 2006, PMID 16174556) ont montré des différences chez le rat, mais uniquement sur la spermatogenèse masculine. Pour le détail des profils phytochimiques et des données animales : jaune, rouge et noire.
Formes et usage
Les essais ont utilisé de la maca gélatinisée (pré-chauffée, plus pauvre en amidon) à des doses de 1,5 à 3,5 g/jour pendant 6 semaines à 4 mois. La poudre se mélange à une boisson ou une préparation. Les gélules offrent un dosage régulier et sont plus pratiques au quotidien. La maca ne contient pas de caféine et ne provoque pas de stimulation immédiate. Le moment de prise relève du confort personnel. L'association avec d'autres plantes andines est traitée dans le trio andin : maca, camu camu et griffe de chat.
Précautions
La maca est un complément alimentaire. Elle ne remplace ni une alimentation variée ni un traitement, et ne se substitue pas à un avis médical. Par prudence, elle est déconseillée pendant la grossesse et l'allaitement. Les personnes suivant un traitement hormonal ou présentant un antécédent hormono-dépendant consultent leur médecin avant toute supplémentation.
Complément alimentaire. Ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée et à un mode de vie sain.
→ Le dossier clinique complet de la maca → MACA³ bio → Maca et sport au féminin
Questions fréquentes
Vos questions : Maca et femme
Deux essais l'ont mesurée. Dording et al. (2015, PMID 25954318, 45 femmes) ne trouvent pas de différence significative. Gonzales et al. (2002, PMID 12472620) rapportent une amélioration chez des hommes.
Les essais ne s'accordent pas. Meissner (2006, PMID 23675006) rapporte une hausse de l'œstradiol. Stojanovska (2015, PMID 24931003) ne trouve rien.
Par prudence, la maca est déconseillée pendant la grossesse et l'allaitement. Aucun essai chez la femme enceinte.
Aucun essai n'a mesuré la fertilité féminine. Les travaux portent sur la spermatogenèse masculine.
Aucun essai humain comparatif ne distingue les écotypes chez la femme. Le choix ne repose sur aucune donnée clinique.
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Mis à jour le 17 octobre 2026
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